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La lettre de Nicolas Bedos à son père Guy Bedos: "Tu n'es pas mort: tu dors enfin"

Guy Bedos

Guy Bedos - AFP

Nicolas Bedos rend hommage à son père, Guy Bedos. Dans une lettre lue ce lundi par Augustin Trapenard sur France Inter, il raconte ses derniers moments et lui fait ses adieux.

C'est Nicolas Bedos, jeudi, qui a annoncé la mort de son père Guy Bedos. Il lui rend hommage ce lundi, quatre jours après sa disparition à 85 ans. L'acteur et réalisateur signe une lettre ouverte adressée à l'humoriste, lue ce matin par Augustin Tapenard à l'antenne de France Inter

Nicolas Bedos commence par raconter sa "dernière nuit" auprès de son père: "Des bougies, un peu de whisky, ta main si fine et féminine qui sert la mienne jusqu’au p’tit jour du dernier jour. Ton regard enfantin qui désarme un peu plus le gamin que j’redeviens."

"Fâché de ne plus pouvoir parler, tu envoies des baisers muets à ta femme adorée, à ta fille bien aimée, à la fenêtre sur l’Île Saint Louis, au soleil que tu fuis. Des gestes silencieux qui font un boucan merveilleux dans nos yeux malheureux", poursuit-il.

"On va t'emmener où tu voulais"

Puis il lui raconte les obsèques qui vont se dérouler: "On va t'emmener où tu voulais, c’est toi qui dicte le programme, c’est toi qui conduit sans permis. D’abord à l’église Saint-Germain, tu n’étais pas très pote avec les religions, mais les églises, ça t’emballait (...) Puis on t’envole en Corse, dans ce village qui te rendait un peu ta Méditerranée d’Alger. On va chanter avec Izia et les Tao, du Higelin, du Trenet, du Dabadie et Nougaro. On va t’faire des violons, du mélodrame a capella: faut pas mégoter son chagrin, à la sortie d’un comédien." Et de conclure: "Je sens que tu n’es pas loin... Tu n’es pas mort: tu dors enfin."

Né en 1934 à Alger, Guy Bedos a mené sa carrière sur scène, en tant que stand upper et acteur de théâtre, ainsi qu'au cinéma, dans des films de Marcel Carné (Les Tricheurs, en 1958), Jean Renoir (Le Caporal épinglé, en 1962), ou encore d'Yves Robert (Un éléphant ça trompe énormément en 1976, puis Nous irons tous au paradis en 1977). Il était également engagé pour la cause des sans-papiers. Il a eu quatre enfants: Leslie, Mélanie, Victoria et Nicolas. Dimanche, ce dernier a annoncé qu'une cérémonie aurait lieu jeudi à 14h30 à l'église Saint-Germain-des-Prés.

Benjamin Pierret