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Corinne Touzet: "Depuis les attentats, il y a une véritable force de vie chez les gens"

Corinne Touzet au Festival de la Télévision de Monte-Carlo en 2012

Corinne Touzet au Festival de la Télévision de Monte-Carlo en 2012 - Valery Hache - AFP

A l'affiche de la pièce Un nouveau départ au Théâtre des Variétés, Corinne Touzet s'est livrée au jeu des confidences pour BFMTV.com. La comédienne évoque son retour sur les planches, ses années de télévision et son envie de passer derrière la caméra.

Marquée par la télévision et notamment son rôle dans la série Une femme d'honneur sur TF1, Corinne Touzet sillonne depuis plusieurs années les planches. La comédienne, à la popularité intacte, donne actuellement la réplique à Christian Vadim et Fanny Guillot dans la pièce Un nouveau départ au Théâtre des Variétés à Paris et un peu partout en France.

Dans cette "comédie à l'américaine", Corinne Touzet incarne une mère de famille à la réussite professionnelle flamboyante qui, par provocation envers sa fille, décide d'inviter un SDF à partager leur dîner de Noël. Un personnage "insupportable" qu'elle adore jouer tous les soirs...

Comment décririez-vous votre personnage dans Un nouveau départ?

C'est une femme qui veut toujours avoir raison sur tout, qui commande tout le monde. Elle est insupportable, mais se révèle aussi touchante car elle dit des énormités. La barre était haute pour moi, parce que c'est un personnage qui ne lâche jamais l'affaire pendant 1H30. C'est un vrai bulldozer, ce qui surprend en général les spectateurs, car ils ne s'attendent pas à me voir dans ce registre. Au début de la pièce, les gens sont généralement un peu déboussolée!

L'histoire entre ces deux êtres que tout oppose et le ton de la pièce rappelle un peu les comédies américaines de Frank Capra...

Oui, c'est un conte de fées moderne. Le pari de rire avec ces sujets de société qui nous touche est remporté grâce à l'intelligence d'écriture d'Antoine Rault. La pièce met aussi tout le monde face à cette question: que feriez-vous si vous trouviez un SDF devant chez vous le soir de Noël? Mais en même temps, mon personnage fait ça pour embêter sa fille. La rencontre entre ces deux personnages donnent lieu à de situations cocasses et explosives. Un nouveau départ dépoussière ce théâtre souvent poussif. Les gens rient et ressortent du théâtre, heureux. C'est une pièce dans l'air du temps, 'feel-good' et intelligente. C'est ce que les gens ont envie de voir

"Je songe de plus en plus à passer à la réalisation"

La pièce aborde aussi la condition des SDF, qui est un véritable sujet de société. Pensez-vous qu'une pièce comme celle-ci puisse à sa manière changer le regard des gens à ce niveau?

Ce serait merveilleux si c'était possible... C'est vrai que c'est toujours délicat. Face à un SDF, on se sent souvent démuni, on a l'impression qu'on ne sert à rien, mais certains s'en sortent. On essaye aussi de passer un message. Mais j'ai le sentiment que ces derniers mois, les gens regardent davantage autour d'eux, font plus attention à ceux qu'ils croisent, qu'ils se parlent, surtout à Paris...

Pour quelles raisons selon vous?

C'est lié aux événements je pense, aux attentats... Depuis, il y a une véritable force de vie chez les gens qui ont envie de se retrouver, de sortir. Le lendemain des attentats, j'ai été impressionnée par cette masse de gens dans la rue. Quand tout va bien, on s'intéresse sans doute moins aux autres.
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Est-il vraiment que vous envisagez de passer derrière la caméra pour réaliser l'adaptation de cette pièce au cinéma ?

C'est vrai, je songe de plus en plus à passer à la réalisation. Pour l'instant, j'ai deux projets, je ne sais pas lequel aboutira le premier. Ce sera soit un film adapté de cette pièce, soit un autre qui aborde le thème de l'alcoolisme chez les femmes. Ce que j'aime au cinéma, c'est qu'on peut prendre son temps.

"Il y a tellement de gens qui se la racontent en France..."

Peu de gens le savent, mais vous vouez une véritable admiration à Quentin Tarantino. Son univers pourrait pourtant sembler loin de celui dans lequel le public vous imagine!

Entre les choses qui nous ont fait et celles qui nous font envie, il n'y a pas toujours de rapport! J'ai été façonnée par les films italiens et américains des années 1950, j'admirais des actrices comme Ava Gardner, Grace Kelly et des réalisateurs comme Fellini, Visconti, Leone. Je viens de là et j'aime être proche des gens et je suis extrêmement fière de ce côté populaire. Tarantino, je l'ai découvert avec Pulp Fiction, c'était une claque. Il est heureux de faire ses films et ce que j'aime le plus justement, ce sont les gens comme lui qui ne se prennent pas au sérieux. Il y a tellement de gens qui se la racontent dans le showbiz en France...

Le grand public vous a découvert grâce à la télévision. Vous y êtes plus rare désormais. N'avez-vous plus envie d'y retourner?

Je ne serais pas contre faire une saga d'été par exemple. Je sais que les chaînes développent à nouveau ce format et ce genre de projets me plairait.