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Clips sauvages en Seine-Saint-Denis: prison ferme requise contre le rappeur Fianso

Le rappeur Fianso

Le rappeur Fianso - Joel Saget - AFP

Le rappeur Fianso est jugé pour avoir tourné sans autorisations deux clips. L'un d'eux avait bloqué une partie de l'autoroute A3.

Le parquet de Bobigny goûte peu les "coups de pub" du rappeur Sofiane: deux condamnations, dont l'une à trois mois de prison ferme, ont été requises lundi contre l'artiste qui avait notamment bloqué une portion d'autoroute pour le tournage d'un clip. Deux tournages sans autorisation en moins d'un mois ont valu à celui qu'on appelle aussi Fianso, de son vrai nom Sofiane Zermani, de comparaître devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour "entrave à la circulation". La décision sera rendue le 5 février.

La procureure a insisté d'emblée: son but n'est pas de "s'acharner" contre le rappeur, ni d'écorner sa "liberté d'expression artistique" mais de mettre un terme aux "troubles à l'ordre public" provoqués par ses "coups de pub". Dans ces deux affaires, elle a requis successivement quatre mois de prison avec sursis puis trois mois ferme et 4.500 euros d'amende. 

La "mauvaise inspiration" de Fianso

Le premier dossier concernait le tournage du clip de Toka: plusieurs voitures avaient bloqué le 6 avril 2017 les voies de l'autoroute A3 à hauteur d'Aulnay-sous-Bois, commune de Seine-Saint-Denis où Sofiane Zermani réside. Dans cette vidéo, visionnée plus de 32 millions de fois sur YouTube, le rappeur boit un café accoudé à une table de bistro placée au milieu de la chaussée, entouré d'une dizaine de figurants.

Quatre amis comparaissaient à ses côtés dans cette affaire, dont deux avaient masqué leur plaque d'immatriculation. Entre trois mois de prison avec sursis et cinq mois fermes ont été requis à leur encontre, en fonction des antécédents de chacun. Tous ont affirmé que rien n'avait été prémédité.

Le rappeur de 34 ans a expliqué qu'il devait tourner avec son équipe dans une cité de Bobigny et que, se voyant coincé dans un embouteillage, il avait eu la "mauvaise inspiration" de leur demander de s'arrêter et "commander aux cameramen de commencer à tourner". "J'en prends l'entière responsabilité", a-t-il ajouté, mains croisées dans le dos de son t-shirt griffé au nom d'une marque de luxe, comme sa veste noire en cuir fourré.

Vice de forme et "bonne chanson"

Il a contesté en revanche les faits reprochés dans la seconde affaire. Dans le clip de Pégase, tourné le 24 avril 2017 dans la cité des 3.000, à Aulnay-sous-Bois, on le voit déambuler au milieu de la chaussée entouré d'une centaine de figurants, dont certains sont juchés sur des motos ou des voitures haut de gamme. Selon lui, il se trouvait dans la cité pour tourner quelques plans, et s'était trouvé dépassé par l'"affluence" suscitée par sa popularité.

Évoquant un "dossier vide", une partie de la procédure ayant été annulée en juin pour vice de forme, son avocat Steeve Ruben a estimé que l'audience n'avait "servi qu'à écouter une bonne chanson". 

F.M. avec AFP