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Pupille: le parcours émouvant d'une adoption raconté au cinéma

Pupille

Pupille - Studio Canal

Porté par des comédiens touchants, dont Élodie Bouchez, Sandrine Kiberlain et Gilles Lellouche, le film raconte l'histoire de Théo, confié pour adoption par sa mère biologique.

Dans Pupille, en salles ce mercredi 5 décembre, la réalisatrice Jeanne Herry suit au plus près le parcours d'un bébé, de sa naissance sous X à son arrivée chez sa mère adoptante, signant une fiction documentée émouvante.

Porté par des comédiens touchants, dont Élodie Bouchez, Sandrine Kiberlain et Gilles Lellouche, le film raconte l'histoire de Théo, remis à l'adoption par sa mère biologique. Alors que les services sociaux se mettent en mouvement, tout s'organise pour trouver sa mère adoptante. 

Un Gilles Lellouche touchant

Le film suit de façon alternée le parcours d'Alice, une femme qui se bat depuis huit ans pour avoir un enfant (Élodie Bouchez), celui de ce bébé et des différents intervenants de la chaîne sociale - dont l'assistant familial Jean (Gilles Lellouche), qui s'occupe de Théo dans cette période de transition, et l'assistante sociale Karine (Sandrine Kiberlain).

L'idée de ce projet est venue à Jeanne Herry après "le coup de fil d'une amie qui était sur le parcours de l'adoption", a-t-elle raconté à l'AFP. "Elle m'a laissé un message qui m'a bouleversée, pour me dire que les services avaient un bébé pour elle, et qu'elle allait bientôt le rencontrer. Il y avait beaucoup d'émotions dans ce message, un peu contrastées parfois, et ça m'a allumée de l'intérieur. J'ai voulu savoir d'où venait ce bébé".

"Un bloc de tendresse et de délicatesse"

Seul homme avec le bébé Théo dans un univers féminin, Gilles Lellouche livre une prestation touchante. "J’ai raisonné en termes de cinéma, pas de genre pour le genre", affirme la réalisatrice dans le dossier de presse. "Revisiter les gestes du soin apporté à un bébé en les faisant jouer par un homme, c’était stimulant, différent à filmer. Un homme, et si possible un homme un peu viril, qui a incarné une masculinité crâne au cinéma, c’était l’assurance d’un étonnement pour moi et le spectateur, d’une image forte."

"Mon personnage était écrit avec une telle bienveillance que je me suis glissé dans un bloc de tendresse et de délicatesse qui ne va pas sans angoisse, sans doute", ajoute l'intéressé, toujours dans le dossier de presse. "J’aime profondément ce Jean qui vit dans un cocon domestique, s’attache avec lucidité à un bébé qui ne passera que quelques mois chez lui, comme s’il était son fils, et s’active en cuisine pour sa femme [...] Les hommes ont changé, peuvent changer, vont changer…"

Pupille
Pupille © Studio Canal

"Un film d'action psychologique"

La réalisatrice de 40 ans, dont c'est le deuxième long métrage après Elle l'adore, explique avoir voulu faire avec Pupille un "film sur le collectif, un collectif qui se bagarre et qui gagne". Trouvant le bon équilibre entre fiction intimiste et documentaire, Jeanne Herry raconte cette odyssée tumultueuse de l'adoption étape par étape de façon délicate, au plus près de l'humain, des corps, des visages et des gestes.

"Les personnages vivent des moments importants tout le temps. Il n'y a pas mille façons d'aller filmer les cœurs et ce qui se passe dans nos têtes et ce qui nous traverse", explique la réalisatrice, pour qui "les regards, les peaux, les détails du corps peuvent raconter ce qui traverse les êtres".

"Pour moi, c'est un film d'action psychologique", poursuit la cinéaste, qui travaillera début 2019 au remake de la série britannique à succès Fleabag, avec Camille Cottin.

Jérôme Lachasse avec AFP