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Pourquoi Cruella est la plus stylée des méchantes Disney

Cruella d'Enfer

Cruella d'Enfer - Disney

Le nouveau film consacré à Cruella, incarnée par Emma Stone, sort ce mercredi dans les salles françaises. L’occasion de se plonger dans le dressing de la méchante la plus stylée de Disney.

Coiffure signature, tenues monochromes où noir et blanc font la loi, goût pour le luxe et souci des détails qui subliment une silhouette… Non, on ne parle pas ici de Karl Lagerfeld, mais de Cruella, la grande méchante des 101 Dalmatiens. Extravagante et encore plus diabolique que Miranda Priestly, Cruella a introduit la mode dans l’univers Disney avec des looks pointus et un véritable sens du style. De quoi se démarquer de ses comparses Ursula, Maléfique ou encore la belle-mère de Blanche-Neige, qui, elles, préfèrent commettre leurs méfaits en longues robes noires et capes violettes.

Dans le monde de Cruella d’Enfer, on assortit la doublure de son manteau à ses longs gants rouges, et les seules “fashion victims” de l'histoire, ce sont les petits chiots qu’elle tente de kidnapper pour réaliser le manteau de ses rêves. Et si l'on met de côté son obsession pour la fourrure et ses méthodes sanguinaires pas franchement éthiques, la méchante dispose d’une garde-robe somptueuse qui a inspiré plus d’un créateur. Elle est, sans aucun doute, la plus stylée des méchantes Disney.

Cruella dans "Les 101 Dalmatiens"
Cruella dans "Les 101 Dalmatiens" © Disney

Elle revient ce mercredi dans un nouveau film en prises de vue réelles, sobrement intitulé Cruella, et dans lequel elle est incarnée par Emma Stone. On y suit les débuts de cette future super-vilaine, dans le Londres des années 1970, lorsque l’anti-héroïne s’appelle encore Estella et tente de percer dans, tiens tiens, l’industrie de la mode.

Cruelle mais glamour

En 1961, quand Cruella apparaît pour la première fois dans le dessin animé Les 101 Dalmatiens, c’est vêtue d’un gigantesque manteau blanc (en hermine, si l’on se fie aux queues blanches à pointe noire qui constituent son sac à main) à la doublure rouge sang, teinte que l’on retrouve sur ses lèvres, ses gants et ses escarpins pointus. L’ombre des années 1950 est encore présente, de la bague verte assortie au fard à paupières jusqu’au porte-cigarette Audrey Hepburn-esque. Terrifiante et charismatique, Cruella est aussi glamour que cruelle.

Cruella dans "Les 101 Dalmatiens"
Cruella dans "Les 101 Dalmatiens" © Disney

Dans le film de 1996, la Cruella incarnée par Glenn Close se veut Haute-Couture. Son cou est orné d’un collier XXL à piques, ses robes sont structurées comme celles de Mugler et Gaultier, le maximalisme est absolu. Des créations si incroyables, que Glenn Close s’est d'ailleurs arrangée pour les conserver à l’issue du tournage. Toutes, sans exception, comme elle l'a révélé en début d’année lors d'un entretien virtuel organisé par le site américain Variety.

"J'avais indiqué dans mon contrat que je pouvais garder tous les costumes que je portais dans le film", a confié l'actrice. "Quand les équipes du film ont réalisé le coût que tout cela représentait, elles n'étaient pas très heureuses de voir que cela faisait partie de mon contrat. Elles ont cherché à en faire une autre version, et j'ai dit non”.
Glenn Close dans la peau de Cruella
Glenn Close dans la peau de Cruella © Disney

Vivienne Westwood et Alexander McQueen

Le nouveau long-métrage consacré à Cruella, réalisé par Craig Gillespie, se déroule en pleine ascension du mouvement punk. Les costumes ont été confiés à la Britannique Jenny Beavan, dont le travail a déjà été récompensé par deux Oscars, en 1986 pour Chambre avec vue et en 2016 pour Mad Max: Fury Road. En tout, elle a imaginé pas moins de 47 tenues pour Cruella, en s'inspirant d'icônes de la mode punk.

La Cruella version seventies porte ainsi du cuir, du cuir et encore du cuir, des Dr Martens, des pantalons de moto à paillettes, des vestes militaires assorties et des jupes en tulle XXL. Elle est moins "dadame", plus rock et "camp" que jamais. Ses looks sont notamment inspirés de la légendaire créatrice Vivienne Westwood - qui habillait d'ailleurs les Sex Pistols dans les années 1970.

Emma Stone dans "Cruella"
Emma Stone dans "Cruella" © Disney

Au-delà du style, le caractère de Cruella a lui aussi été inspiré par un couturier: le styliste britannique Alexander McQueen, a confié Craig Gillespie au Los Angeles Times.

"Sa rébellion contre l'institution, l'envie de choquer avec ses défilés et l’outrage créatif de certaines de ses œuvres... J’ai senti que c’était vraiment dans la même veine que ce que Cruella essayait de faire", a confié le réalisateur. "Evidemment, ce n'est pas du tout similaire à ce qu'il créait, mais l’agressivité des défilés de mode qu’elle présente durant le film est similaire. Et je me suis aussi inspiré de la capacité d'Alexander McQueen à créer sa propre histoire grâce à la presse".

Une Cruella cruelty-free

Si la nouvelle version du personnage qu'incarne Emma Stone a conservé certains codes du style Cruella (le noir et blanc, les touches de rouge, le cuir, l’extravagance et les cheveux bi-goût), un élément-clé de son dressing en a volontairement été retiré. Peut-être même le plus mythique, d’ailleurs: la fourrure. "C’est ma seule et unique passion", disait-elle pourtant dans le dessin animé de 1961. "C’est mon unique raison de vivre", renchérissait même la version de Glenn Close dans le film de 1996. Mais en 2021, la fourrure, c’est has-been, alors Cruella n'en parle plus.

Emma Stone dans "Cruella"
Emma Stone dans "Cruella" © Disney

Après tout, même les plus grandes maisons, de Fendi à Valentino, ont annoncé renoncer à en utiliser dans leurs collections, et Anna Wintour elle-même s’affiche en fausse fourrure éco-responsable signée Stella McCartney. Alors désormais, le personnage de Cruella est… cruelty-free.

Disney a d’ailleurs tenu à souligner cet aspect dans les notes de production transmises à la presse, soulignant ainsi que "dans [notre] film, le personnage de Cruella ne fait preuve d’aucune violence envers les animaux". Et de préciser: "Cruella ne partage pas les mêmes motivations que son homologue animé" - à savoir, dépecer une centaine de chiots pour s'en faire un manteau.

De quoi permettre au studio de passer entre les mailles de potentielles controverses et polémiques. Au risque, toutefois, de faire perdre un peu de son essence à cette super-vilaine qu'on adore détester.

Nawal Bonnefoy