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Piratage de Sony: "L'interview qui tue" annulé aux Etats-Unis

Affiche de "L'Interview qui tue" de Seth Rogen et Evan Goldberg.

Affiche de "L'Interview qui tue" de Seth Rogen et Evan Goldberg. - Columbia

Sony annule la sortie du film L'interview qui tue, comédie se moquant du leader de la Corée du Nord, Kim Jong-Un. Une décision prise après de nouvelles menaces proférées par les hackers contre les spectateurs du film, allant jusqu'à évoquer le "11-Septembre".

L'affaire du piratage de Sony prend des proportions démesurées. Déjà maintes fois repoussée, la sortie du film L'interview qui tue a finalement été purement et simplement annulée par Sony Pictures Entertainment (SPE) aux Etats-Unis. "Au regard de la décision prise par une majorité de cinémas de ne pas présenter le film L'interview qui tue, nous avons décidé de ne pas le sortir en salles", a indiqué Sony dans un communiqué. Quelques jours plus tôt, l'avant-première à New York prévue jeudi avait en effet été annulée et le réseau américain Carmike - 278 cinémas et 2.917 écrans dans 41 Etats - a renoncé à projeter le film.

"Rappelez-vous le 11-Septembre"

Le film, une parodie sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, devait sortir le jour de Noël. Son annulation a déclenché une tempête de critiques, les acteurs regrettant notamment que Sony ait capitulé devant les pirates informatiques, qui avaient adressé de nouvelles menaces mardi à ceux qui iraient voir le film sur Kim Jong-Un L'interview qui tue!, évoquant même les attentats du 11-Septembre.

Dans un nouveau communiqué, le groupe GOP ("Les gardiens de la paix"), qui a revendiqué l'énorme piratage du 24 novembre, annonce le début d'un "cadeau de Noël", avec la mise en ligne de nouveaux extraits de mails personnels du directeur général de SPE, Michael Lynton.

Les pirates informatiques menacent en particulier les cinéphiles désireux d'aller voir le film L'interview qui tue!, une comédie sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, produit par Sony.

"Nous allons vous montrer clairement dans tous les lieux où 'L'interview qui tue!' sera diffusé, notamment lors de l'avant-première, à quel destin tragique sont voués ceux qui cherchent à se moquer de la terreur", dit ainsi dans un mauvais anglais le communiqué de GOP reproduit par plusieurs médias américains, dont le Los Angeles Times. "Rappelez-vous le 11 septembre 2001. (...) Tout ce qui va se passer dans les prochains jours sera dû à la cupidité de SPE. Le monde entier dénoncera Sony", concluent les pirates.

"Pas de menace crédible" pour le département d'Etat

Le département d'Etat américain a cependant tempéré ces menaces: "Il n'y a pas de menace crédible pour le moment", a ainsi déclaré sa porte-parole Jennifer Psaki.

"Je pense que c'est une comédie que les Américains peuvent aller voir aux alentours de Noël. C'est à eux de faire leur choix", a-t-elle ajouté sur CNN. "Le film ne représente bien évidemment pas le point de vue des Etats-Unis. Ce n'est pas un documentaire à propos de nos relations, donc honnêtement ce n'est pas un sujet sur lequel nous prenons position".

Lundi soir, Michael Lynton avait promis aux salariés que cette attaque ne mettrait "pas à terre" SPE. "Il n'y a pas d'inquiétude à avoir sur l'avenir de ce studio", a-t-il dit, cité par une source proche du dossier. Sans succès puisque le film a finalement été annulé aux Etats-Unis. De son côté, la Corée du Nord a nié être à l'origine de l'attaque tout en louant ceux qui l'avaient commise. Les pirates ont mis en ligne de nombreux documents, emails, adresses ou même numéro de sécurité sociale de 47.000 employés. Il s'agit de la plus importante attaque informatique ayant jamais touché une entreprise de ce calibre.
S. C. et C. P. avec AFP