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Le film Une intime conviction ne sera pas retiré de l’affiche

Marina Foïs et Olivier Gourmet dans "Une intime conviction"

Marina Foïs et Olivier Gourmet dans "Une intime conviction" - Séverine Brigeot

L’un des protagonistes du procès qui a inspiré le long-métrage demandait son retrait des salles, estimant qu’il s'agissait d'"une atteinte à la vie privée". La justice a finalement rendu une décision favorable au distributeur du film.

Le film Une intime conviction, consacré à l'affaire Suzanne Viguier, ne va pas être retiré des salles comme le demandait l'ancien amant de cette professeure de danse disparue mystérieusement en 2000, selon une décision rendue vendredi.

Olivier Durandet avait assigné en justice le distributeur et le producteur du film d'Antoine Raimbault, sorti le 6 février, pour obtenir son interdiction "sur le fondement d'une atteinte à la vie privée par la reproduction des conversations téléphoniques intimes". Mais l'ordonnance rendue par le tribunal de grande instance de Paris a débouté Olivier Durandet de toutes ses demandes, "en l'absence d'atteinte à la vie privée, les faits traités étant notoires".

Des écoutes retranscrites

Suzanne Viguier avait disparu le 27 février 2000 à Toulouse, à l'âge de 38 ans. Son amant Olivier Durandet est le dernier à l'avoir vue, vers 04h30, quand il l'a raccompagnée au domicile conjugal. Le mari de Suzanne Viguier, Jacques Viguier, professeur de droit à l'université, a été acquitté deux fois du meurtre de sa femme: en avril 2009, puis en appel en mars 2010.

Une intime conviction revient sur cette affaire criminelle, en se consacrant au procès en appel de Jacques Viguier. Le cinéaste, qui a conservé les noms des protagonistes de l'affaire, invente un personnage fictif, celui de Nora (Marina Foïs), persuadée de l'innocence de Jacques Viguier. Elle réussit à convaincre l'avocat Éric Dupond-Moretti (incarné par Olivier Gourmet) de le défendre, et va ensuite l'aider. Le film retranscrit notamment une partie des vraies écoutes téléphoniques réalisées pendant l'enquête.

Une décision "inquiétante" pour la défense d’Olivier Durandet

"C'est une déception", a réagi Me Emmanuel Tricoire, avocat d'Olivier Durandet, à la suite de l'ordonnance :

"C'est inquiétant car on applique aux oeuvres fictives les mêmes règles qui s'appliquent aux enquêtes journalistiques", a-t-il affirmé à l'AFP. "Mais alors que les journalistes ont le devoir d'informer et de recueillir le point de vue de tous, la fiction est totalement subjective et revendique un parti pris, sans que l'on donne la parole ou que l'on recueille le point de vue de ceux qu'on expose au regard du public", ajoute encore l'avocat.

Il a précisé qu'à aucun moment le réalisateur n'a été en contact avec son client. Selon l'avocat, les écoutes téléphoniques ont certes en partie été révélées lors des auditions mais n'étaient pas connues du grand public, réaffirmant qu"il s'agissait d'une "violation de l'intimité" de son client.

Benjamin Pierret avec AFP