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Le cinéaste Jean Valère est mort

Le réalisateur Jean Valère avait notamment connu le succès grâce à "La Baraka" en 1972

Le réalisateur Jean Valère avait notamment connu le succès grâce à "La Baraka" en 1972 - UniFrance

Le cinéaste Jean Valère, qui s'était fait une place discrète dans le cinéma français, entre qualité française et Nouvelle vague, est décédé lundi à Paris à 92 ans, a annoncé sa famille.

Né en 1925 dans une famille de la bourgeoisie juive, Jean Valère s'engage dans la Résistance. Dés le 11 novembre 1940, il prend part à "la première manifestation de la France Libre", Place de l'Étoile où il chante la Marseillaise avec d'autres étudiants et lycéens "face à des Allemands médusés par leur culot", écrit-il dans un livre autobiographique Le Film de ma vie, en 2011. Il gagne en 1942 la zone libre et participe aux combats des résistants du Vercors.

Après la guerre, il entre au service cinématographique des armées et rencontre les artistes les plus en vue du cinéma dit de "la Qualité française", Henri-Georges Clouzot, Marcel Carné, Jacques Prévert, Pierre Brasseur. Il débute alors une carrière d'assistant réalisateur pour Marcel Carné, Max Ophüls, André Cayatte, soit une vingtaine de films entre 1946 et 1956.

Lorsqu'il accède à la réalisation, une nouvelle génération de "jeunes Turcs" déboule dans le cinéma (Truffaut, Godard, Rivette, Rohmer, Chabrol) et Valère se glisse dans le courant de la Nouvelle Vague, sans renier la "qualité française" pour autant. Son premier film, en collaboration avec Jacques Baratier, Paris la nuit est un court-métrage de facture classique, mais sans commentaire, illustré par la musique et les bruits de la ville.

Un cinéma "intimiste"

A la fin des années 50, il réalise enfin son premier long métrage de fiction. La sentence (1959) qui s'inscrit dans la lignée des grands films sur la Résistance, mais avec trois acteurs de la nouvelle génération, Robert Hossein, Marina Vlady et Roger Hanin et des dialogues de Marcel Moussy, avec lequel Truffaut a écrit Les 400 coups.

La Sentence est un échec commercial, tout comme ses trois films suivants (Les grandes personnes en 1960 avec Jean Seberg, Maurice Ronet, Micheline Presle, Le gros coup en 1964 avec Emmanuelle Riva et "La femme écarlate en 1969 avec Monica Vitti).

Deux téléfilms (Monsieur Satie, 1978 et Vive la mariée, 1985) et deux films, Mont-Dragon (1970) avec Jacques Brel et surtout "La Baraka (1982) avec Roger Hanin lui apporteront enfin le succès. "Son cinéma était intimiste dans des genres très différents, du policier à la comédie dramatique", a témoigné sa femme, Catherine Valère.

F.M. avec AFP