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Ken Loach regrette d'avoir tourné une pub pour McDonald's

Ken Loach reçoit sa Palme d'Or à Cannes

Ken Loach reçoit sa Palme d'Or à Cannes - Anne-Christine Poujoulat - AFP

L'affaire remonte aux années 90. Le réalisateur Ken Loach, très engagé à gauche, a tourné une publicité pour McDonald's, alors qu'il connaissait une période de vaches maigres. Cet épisode de sa vie est remonté à la surface, à l'occasion de la sortie début juin de Versus: The Life and Films of Ken Loach, un documentaire sur le cinéaste britannique. L'un de ses fils du réalisateurs y raconte en riant qu'il leur est "interdit" d'en parler.

Le réalisateur, couronné récemment d'une seconde Palme d'or à Cannes, s'en est expliqué dans les colonnes du Guardian, racontant qu'il avait encore plus honte d'avoir touché l'argent de McDonald's que d'avoir voté conservateur lorsqu'il était étudiant.

Laissés pour compte et exclus

Ken Loach avait dû se résoudre à tourner des publicités - pour McDonald's, mais aussi pour les chocolats Caramac - par manque d'argent. Personne à l'époque ne voulait financer ses films, et les chaînes Channel 4 et ITV avaient annulé la série de documentaires sur les syndicats, qu'il devait réaliser pour elles.

Moi, Daniel Blake, le dernier film de Ken Loach, raconte la descente aux enfers d'un menuisier de 59 ans, contraint d'arrêter de travailler après une crise cardiaque. Le film suit son parcours ubuesque entre convocations à l'agence pour l'emploi, questionnaire sans fin sur sa santé et ateliers de formation au CV, obligatoires sous peine de réduction de son allocation.

Ken Loach a toujours été le chantre d'un cinéma social, se faisant la voix des laissés pour compte et des exclus du système. Et à 80 ans, sa rage reste intacte. "Le cinéma est porteur de nombreuses traditions. L'une d'entre elles est de représenter un cinéma de protestation, un cinéma qui met en avant le peuple contre les puissants", a-t-il ainsi lancé, en recevant sa palme à Cannes, le 22 mai dernier.

Magali Rangin