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INFOGRAPHIE – Adapter les jeux vidéo au cinéma, l'impossible pari?

Capture des films Super Mario Bros., Lara Croft: Tomb Raider et Street Fighter: L'ultime combat

Capture des films Super Mario Bros., Lara Croft: Tomb Raider et Street Fighter: L'ultime combat - -

Un reboot de Tomb Raider porté par l'actrice Alicia Vikander sort ce mercredi au cinéma. Après deux décennies de bides commerciaux, le jeu vidéo arrive enfin à percer au cinéma. Retour en chiffres sur les débuts difficiles du genre.

La célèbre héroïne Lara Croft est de retour sur les écrans ce mercredi dans une nouvelle adaptation emmenée par Alicia Vikander. Le film est directement inspiré de la série de jeux vidéo Tomb Raider et plus précisément de son "reboot" de 2013, qui repart de zéro niveau scénario. Depuis 2016 et la sortie de Warcraft et Assassin's Creed, les adaptations de jeu vidéo sont devenues de plus en plus tendances. Pourtant, le jeu vidéo a eu beaucoup de mal à se frayer une place dans le monde du cinéma: ses adaptations ont connu leur lot des mauvaises critiques et de bides commerciaux. Ce nouveau Tomb Raider arrivera-t-il à stopper pour de bon la malédiction?

Les adaptations marchent mieux dans l’autre sens

Il faut attendre 1993 et la sortie de Super Mario Bros. pour voir la première adaptation d’un jeu vidéo au cinéma. Pourtant, cela fait déjà une vingtaine d’années que le jeu vidéo a conquis le grand public. A l'inverse, le jeu vidéo s’est inspiré très tôt du 7ème Art, puisque dès 1976, le jeu d'arcade Death Race reprenait l’histoire de La Course à la mort de l'an 2000, réalisé par Paul Bartel et sorti un an plus tôt en salles.

D’ailleurs, les studios de développement ont été très prolifiques sur les adaptations de films. Dès 1983 avec Le Retour du Jedi, la licence Star Wars est déclinée dans tous les genres vidéoludiques, de l'arène de combat à la conquête spatiale. Dix ans plus tard, avec l’apparition de la 3D, les créateurs de jeu reprennent directement les codes du cinéma, notamment pour les mouvements de caméra. Toutes les licences à succès sont déclinées en jeu vidéo: chaque Harry Potter a eu le droit à plusieurs titres sur console.

Un accueil en salle mitigé

La tendance s’inverse depuis le début de la décennie. Le cinéma enchaîne les adaptations de jeux phares comme Resident Evil, Silent Hill ou Tekken. Mais le succès commercial n’est pas toujours au rendez-vous. Jusqu’à présent, Warcraft est de loin le film le plus prolifique inspiré par un jeu vidéo avec 434 millions de dollars de recettes mondiales. Mais cela ne le classe "que" 18e au box-office mondial de l’année 2016.

Avant cela, les adaptations de jeux avaient connu des destins compliqués. En vingt ans, seuls quatre films ont dépassé la barre des 300 millions de dollars au box-office mondial, huit pour celles des 200 millions. La plupart des films tirés d’un jeu ont peiné à dépasser les 100 millions de dollars de recette. Certains films ne sont d’ailleurs jamais sortis en salles. C'est le cas de Final Fantasy VII – Advent Children, tiré du célèbre jeu de rôle, qui a tout de même vendu pour 58 millions de dollars de DVD aux États-Unis.

Des films très critiqués

La qualité médiocre de ces films expliquent souvent leurs échecs commerciaux. Super Mario Bros., le précurseur du genre, n'obtient par exemple qu'une note de 4 de moyenne sur le site anglophone de référence IMDb. Pourtant, les utilisateurs du site ont tendance à noter généreusement, puisque la moyenne de toutes les notes se situe aux alentours de 6.2. Or, une écrasante majorité des adaptations de jeu vidéo se situent en-dessous de cette moyenne et aucun n'atteint le 8. 

Adapter un jeu vidéo en film est un pari audacieux. Leurs univers parfois très fantaisistes passent mal en live-action. Les champignons, tuyaux et tortues de Mario deviennent glauques une fois passés dans la réalité, surtout avec un budget d’à peine 48 millions de dollars. Et même s’il existe de nombreuses parcelles visuelles et sonores entre les deux médias, demander au joueur de passer d’un statut d’acteur de l’histoire à simple spectateur n’a rien d’évident.

De plus, il peut s’avérer difficile de condenser en 1h30 des jeux qui ont parfois une durée de vie d’une trentaine d’heures. Encore plus que dans les adaptations de romans, les réalisateurs doivent couper certains passages et détails, au grand dam des fans. Au contraire, quand le jeu vidéo reprend des films, il a tendance à faire l’inverse: chaque petite scène peut donner la vie à un niveau, rendant certaines situations ridicules. Par exemple, dans les jeux vidéo, Harry Potter se retrouve bien souvent à affronter des hordes de monstres… juste pour aller en cours.

Selon Crystal Dynamics, le jeu Tomb Raider a une durée de vie d’une quinzaine d’heures. Le réalisateur norvégien Roar Uthaug a-t-il réussi à condenser efficacement tout ce contenu dans son reboot de la saga? Réponse dans votre salle de cinéma.

Emeline Gaube