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Comme les humoristes boostent le cinéma français

Les humoristes français aiment le cinéma, qui le leur rend bien. Devant ou derrière la caméra, ils sont souvent gage de succès.

Leur nom en haut de l'affiche est gage de succès. Les humoristes français, qu'ils soient devant ou derrière la caméra, déclenchent l'adhésion du public. Le film de la stand-upeuse Nawell Madani, C'est tout pour moi, n'est pas encore sorti, mais il déchaîne déjà les jeunes fans, qui connaissent tous ses sketch par coeur.

"Les Français aiment la comédie et aiment voir leurs humoristes sur grand écran, mais il faut réussir le pari, parce qu'ils sont deux fois plus durs qu'avec d'autres acteurs", analyse la néo-réalisatrice pour BFMTV.

Résister face aux blockbusters

Comme Nawell Madani, ils sont nombreux à tenter l'aventure. Après Fabrice Eboué, qui a déjà trois films à son actif, Case départ, Le crocodile du Botswanga et le tout récent Coexister, Franck Dubosc termine sa première réalisation. Son premier film derrière la caméra, Tout le monde debout, avec Elsa Zylberstein et Alexandra Lamy sortira en 2018. Arnaud Ducret, quant à lui, s'est lancé dans l'écriture d'un film sur un personnage de son spectacle.

A quelques accidents de parcours près, la présence d'un humoriste à l'écran garantit le succès d'un film. Et permet même de faire rempart aux grosses productions américaines. "C'est la façon pour les films français de résister le mieux face aux blockbusters américains, et à la production internationale", analyse le producteur Joachim Nahum.

De Coluche à Kev Adams

Philippe Lacheau et Kev Adams, challengers de Superman et des Avengers? Lorsque l'on se penche sur le classement des acteurs qui ont fait les plus d'entrées ces dix dernières années, on trouve Dany Boon et Kad Merad, imbattables avec Bienvenue chez les Ch'tis et Supercondriaque, et Omar Sy, porté par le succès d'Intouchables. Franck Dubosc n'est pas très loin derrière, avec Camping.

"On a beaucoup de chance en France, parce qu'on a un vrai renouveau des humoristes", poursuit Joachim Nahum. Car si le phénomène n'est pas nouveau, Gad Elmaleh, Dany Boon et Jamel Debbouze et bien longtemps avant eux Jean Yanne, Guy Bedos ou Coluche peuvent en témoigner, il se poursuit avec de nouvelles générations d'humoristes.

Ultra lucratif

Les films avec Kev Adams, comme Les nouvelles aventures d'Aladin ou Les profs, tournent autour de 4 millions d'entrées. Même chose pour Philippe Lacheau, aux séances de baby sitting ultra lucratives (2,35 millions d'entrée et 438% de rentabilité, pour le premier Baby Sitting, selon jpbox-office.com). Il a d'ailleurs récidivé avec Alibi.com, 3,5 millions d'entrées et 434% de rentabilité.

Les récents échecs de Bad Buzz avec Eric et Quentin, échappés de Quotidien, de Gangsterdam avec les très bankables Kev Adams et Manu Payet ou encore de Problemos avec Eric Judor et Blanche Gardin, montrent cependant que la recette n'est pas infaillible.

Magali Rangin avec Jean-Marie Marchaut