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Chez nous ou le portrait d'un parti populiste

Le film Chez nous, qui décrit l'engagement d'une jeune infirmière du nord de la France au sein d'un parti populiste, et en explore les rouages, sort en salles ce mercredi 22 février.

Chez nous de Lucas Belvaux, sort ce mercredi dans les salles françaises. Le film qui décrit les rouages d'un parti populiste, et que le réalisateur présente comme "un film sur l'engagement plus qu'un film engagé", a déjà fait parler de lui dès la diffusion de la bande-annonce début janvier, suscitant l'ire du Front national.

Chez nous mêle le récit de l'engagement en politique d'une jeune infirmière d'une petite ville du nord de la France "par générosité, par envie de bien faire" et "le portrait d'un parti politique, sa stratégie, sa capacité de manipuler, sa tactique et son ADN".

Pour ce film, Lucas Belvaux a collaboré avec Jérôme Leroy, auteur d'un roman policier intitulé Le Bloc, qui lui a servi de "conseiller technique, historique sur l'extrême droite". Il explique aussi avoir beaucoup étudié la rhétorique du parti, "des livres de sémiologues qui ont travaillé sur les discours, les meetings, les tracts, les interviews". "C'est un parti qui travaille beaucoup son langage et son image".

"Ce n'est pas un film qui dit pour qui voter"

Lucas Belvaux précise avoir également beaucoup travaillé sur Internet "où il y a à la fois la mouvance et le parti qui s'expriment beaucoup et communiquent beaucoup, et qui est extrêmement révélateur de ce que c'est aujourd'hui".

"Ce n'est pas un film qui dit pour qui voter, ou qui se prône d'un discours politique. C'est un film qui fait un état des lieux", souligne Guillaume Gouix qui y joue un jeune néo-nazi. Pour Emilie Dequenne, qui campe Pauline, l'infirmière héroïne du film, c'est une jeune femme "très proche de beaucoup de monde". "

"Je ne suis pas trop donneur de leçon", estime Lucas Belvaux. "Je comprends le vote FN, parfois. On a 30 ou 40% de l'électorat FN qui est de bonne foi, qui a envie que la société change, qu'elle bouge, qu'on résolve les problèmes auxquels ils sont confrontés. (...) Le temps politique est plus long. Mais les gens veulent qu'on règle leur problèmes tout de suite. Or les seuls qui proposent de régler leurs problèmes tout de suite, c'est le Front national. Parce qu'ils font fi de la complexité, parce qu'ils sont dans une démarche électorale, pas dans une démarche de changer le monde, en vrai (...) C'est un parti politique qui ne parle qu'en slogans, qui n'a pas de vision d'avenir".

"Etre donneur de leçons, ça ne marche jamais, analyse encore Lucas Belvaux. "Les électeurs et les sympathisants du Front national, ils votent aussi FN pour ça, parce qu'ils ont l'impression qu'on leur donne des leçons, qu'on les méprise, qu'on les prend pour des cons".

"Notre meilleur VRP"

Florian Philippot, vice-président du Front national, après y avoir vu, début janvier, "un joli navet" et surtout trouvé "proprement scandaleux qu'en pleine campagne présidentielle (...) on sorte dans les salles françaises un film qui est clairement anti-Front national", a depuis changé son approche. Il a ainsi assuré sur RMC: "On doit se réjouir de ce film, parce que je pense que c'est notre meilleur VRP en ce moment. Monsieur Lucas Belvaux suinte tellement la suffisance de classe (...) le mépris de classe. Montrez Monsieur Lucas Belvaux partout, c'est notre meilleur VRP".

Magali Rangin avec Claire Fleury, Valériane Porcher et Edouard Bonnamour