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César: Riester voit dans le prix de Polanski un "mauvais signal" et comprend la colère d'Haenel

Le ministre de la Culture Franck Riester dans la cour de l'Elysée, le 7 novembre 2019

Le ministre de la Culture Franck Riester dans la cour de l'Elysée, le 7 novembre 2019 - Alain Jocard - AFP

Le ministre de la Culture a confié qu'il "pouvait comprendre" la réaction "de colère" de l'actrice Adèle Haenel, qui a quitté la salle.

Le ministre de la Culture Franck Riester a redit ce samedi que "célébrer" Roman Polanski, qui a reçu le prix de la meilleure réalisation vendredi soir aux César, était un "mauvais signal". Il a ajouté qu'il "pouvait comprendre" la réaction "de colère" de l'actrice Adèle Haenel

"J'avais dit avant même la remise de ce César, dans la journée, que ça serait un mauvais signal envoyé à la population, aux femmes, à toutes celles qui se battent contre les agressions sexuelles et sexistes, qu'il y ait la remise de la meilleure réalisation à Roman Polanski", a déclaré Franck Riester au micro d'Europe 1.

"On célèbre aussi l'homme"

Le cinéaste Roman Polanski, visé par des accusations de viol, a reçu vendredi soir le prix de la meilleure réalisation lors de la 45e cérémonie des César pour son film J'accuse, suscitant notamment l'indignation de l'actrice Adèle Haenel, qui a quitté la salle, où se trouvait Franck Riester.

"En tant que ministre de la Culture, je me bats tous les jours pour que les oeuvres soient protégées, que la liberté de création soit sanctuarisée. C'est la raison pour laquelle je me suis opposé à ce que le film de Polanski soit boycotté, je ne crois pas au boycott des oeuvres", a-t-il dit.

Mais "la difficulté avec cette remise de César (...) à Roman Polanski, c'est qu'on ne célèbre pas simplement l'oeuvre, on célèbre aussi l'homme", a commenté Riester.

"L'Académie des César doit se transformer"

Interrogé sur la réaction d'Adèle Haenel, symbole d'un nouvel élan de #MeToo en France, il a dit qu'il pouvait "comprendre qu'une femme qui a été agressée sexuellement ait une réaction d'incompréhension, voire de colère, de voir que l'Académie des César valorisait un homme dont l'histoire laisse beaucoup de doutes".

"Je pense que l'Académie des César doit se transformer, ne doit pas oublier qu'à chaque fois qu'un César est remis, il y a certes la reconnaissance artistique mais il y a un message aussi qui est envoyé à la société", a insisté le ministre.
N.B. avec AFP