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Budget explosé, acteurs en froid... pourquoi la sortie de Mad Max: Fury Road relève du miracle

Mad Max Fury Road

Mad Max Fury Road - Warner Bros.

À l'occasion du cinquième anniversaire de Mad Max: Fury Road, voici trois anecdotes qui montrent que l'existence de ce film relève presque du miracle.

Depuis sa présentation au festival de Cannes, en mai 2015, Mad Max: Fury Road est devenu une référence du cinéma d'action, un classique instantané. L'impressionnant film de George Miller, quatrième volet de la célèbre saga débutée en 1979, a rencontré un grand succès en salles, avant de rafler six Oscars en 2016.

Cinq ans après sa sortie, Mad Max: Fury Road s'est imposé comme un des meilleurs films des années 2010 et ses thèmes restent toujours d'actualité: la violence faite aux femmes, l'environnement, les disparités sociales, la montée de l'extrémisme...

Tom Hardy remplace Mel Gibson, trop vieux pour le rôle, mais se fait voler la vedette par Charlize Theron. Son personnage de Furyosa et son fameux cri dans le désert ont depuis acquis une aura supplémentaire. L'image de cette femme seule pleurant la disparition de son monde et de ses rêves constitue une des images les plus fortes de l'année 2015 - et celle qui en symbolise le mieux les drames.

À l'occasion du cinquième anniversaire de Mad Max: Fury Road, le New York Times a publié un long article racontant sa genèse et son tournage dantesque. Voici trois anecdotes qui montrent à quel point l'existence de ce film relève du miracle.

Un acteur trop vieux

Mel Gibson, qui incarne Max Rockatansky dans les trois premiers films de la série (1979-1985), devait reprendre son rôle culte dans Fury Road. Mais l'acteur a cependant dû abandonner cette idée. La préparation du film a pris tellement de temps qu'au début des années 2000, lorsque George Miller pense être en mesure de commencer son tournage, sa star approche de la cinquantaine.

Miller réfléchit alors à plusieurs noms pour le remplacer. Avant de jeter son dévolu sur Tom Hardy, il a envisagé Jeremy Renner. Zoe Kravitz, qui joue une des femmes d'Immortan Joe, se souvient dans le New York Times avoir passé un essai avec la star de Démineurs.

Pour le rôle de Furyosa, Miller a songé à plusieurs actrices, dont Uma Thurman et... Charlize Theron: "Je me souviens que nous en avons parlé à Charlize à l'époque. Son agent nous a dit qu'elle n'était pas intéressée. Quand je lui ai parlé de ça dix ans plus tard, elle m'a assuré que personne ne lui en avait parlé!"

Tom Hardy et Charlize Theron en froid

Le tournage, qui s'est déroulé entre juillet 2012 et décembre 2013, a connu de nombreuses périodes d'interruption et a contribué au stress de son casting. En raison de cela, mais aussi de la pression de faire la suite d'une série culte, Charlize Theron et Tom Hardy ne se sont pas du tout entendus sur le tournage. 

"J'avais incroyablement peur, parce que je n'avais jamais fait quelque chose comme ça", s'est souvenue Charlize Theron. "Je pense que le plus dur entre George et moi était qu'il avait son film dans sa tête et que je cherchais désespérément à le comprendre." L'actrice s'excuse pour son comportement envers sa co-star, Tom Hardy, qui devait succéder à Mel Gibson, inoubliable Max:

"Rétrospectivement, je n'avais pas assez d'empathie pour comprendre réellement ce que ça faisait de devoir jouer ce rôle rendu iconique par Mel Gibson", poursuit Charlize Theron. "C'est effrayant! Et je pense qu'en raison que ma peur, on a élevé entre nous des barrières pour se protéger au lieu d'admettre nos peurs et de s'entraider. D'une certaine manière, on a agi comme nos personnages: tout était une question de survie."

"Je suis d'accord" a ajouté Tom Hardy. "Quand j'y repense, j'étais complètement dépassé. La pression qu'il y avait sur nous était étouffante par moment. Ce dont elle avait besoin était que je sois un meilleur partenaire de jeu, plus expérimenté."

Un film sans début et sans fin

Mad Max: Fury Road a bien failli sortir sans début ni fin. Le budget avait explosé et Warner Bros commençait à avoir des sueurs froides. Jeff Robinov, patron du studio, s'est rendu en Namibie pour mettre la pression sur Miller: "Les caméras s'arrêteront le 8 décembre peu importe ce que vous avez. Ce sera comme ça, et pas autrement."

Problème: George Miller n'avait pas encore tourné les séquences dans la Citadelle, où débute et se clôt le film: "Nous devions faire la post-production sans elle, c'était complètement incompréhensible", se souvient le producteur Doug Mitchell. La monteuse du film, Margaret Sixel, qui est aussi l'épouse de George Miller, précise qu'ils ont passé un an à se demander comment monter un film sans début et sans fin.

Heureusement pour eux, la Warner a changé de tête. Grâce à son nouveau patron, Kevin Tsujihara, plus compréhensif que son prédécesseur, Miller a pu obtenir un mois supplémentaire pour tourner les scènes manquantes. Et le reste appartient à l'Histoire.

Jérôme Lachasse