BFMTV

Alain Resnais, l'homme qui aimait les acteurs

Alain Resnais à Cannes, en 2012, entouré de Pierre Arditi, Sabine Azéma, Anne Consigny et Denis Podalydès pour "Vous n'avez encore rien vu".

Alain Resnais à Cannes, en 2012, entouré de Pierre Arditi, Sabine Azéma, Anne Consigny et Denis Podalydès pour "Vous n'avez encore rien vu". - -

Alain Resnais est mort samedi 1er mars, laissant derrière lui quelques monuments du cinéma français.

Sa famille le destinait à la carrière de pharmacien. Lui voulait être libraire. Alain Resnais est finalement devenu l'un des plus grands cinéastes français. Infatigable et prolifique, il s'est éteint samedi, à l'âge de 91 ans. Son dernier film, Aimer boire et chanter, était présenté à la berlinale il y a quelques jours. Retour sur la carrière de celui qui aimait tant les acteurs.

> "Hiroshima mon amour"

Après le documentaire Nuit et Brouillard, en 1955, sur les camps de la mort, le premier long métrage de Resnais, l'austère Hiroshima mon amour en 1959, est arrivé comme un coup de tonnerre en cette période de renouveau qu'a été la Nouvelle Vague - qui a vu sortir la même année A bout de souffle de Godard et Les 400 coups de Truffaut.

> "La vie est un roman"

La vie est roman, en 1983 est le premier film chanté, d'Alain Resnais. C'est aussi sa première collaboration avec Sabine Azéma, qui deviendra son actrice fétiche et sa compagne.

"J'ai l'impression de faire mon métier un petit peu comme un bricoleur ou comme une fourmi (...) mais je n'ai absolument pas conscience de faire une oeuvre importante", confiait-il à Jacques Chancel qui lui demandait dans l'émission Radioscopie s'il avait conscience que le monde le considérait comme l'un des réalisateurs les plus influents de l'histoire du cinéma.

> "L'amour à mort"

Pour L'amour à mort, en 1984, puis Mélo en 1986, Resnais s'entoure des acteurs qui le suivront fidèlement: Pierre Arditi, Sabine Azéma, André Dussolier. "Resnais était fasciné par le théâtre. Il aimait l'odeur des décors, il aimait les costumes, il aimait voir les acteurs sur scène. je pense qu'il aimait cette notion de troupe", expliquait lundi matin Lambert Wilson, un autre de ses acteurs fétiches, au micro de France Inter.


Amour à mort

> "Smoking/No smoking"

Toujours novateur dans la forme, il décroche en 1993 l'Ours d'argent à Berlin avec Smoking/No Smoking, une histoire à options.

Perçu à ses débuts comme un réalisateur cérébral, avec des films comme Hiroshima mon amour ou L'Année dernière à Marienbad, réflexions sur la guerre, l'incompréhension et la mort, Resnais a su élargir sa palette dans les années 1980.

> "On connaît la chanson"

Il n'hésite pas en 1997 - il a alors 75 ans - à se lancer dans le film musical avec On connaît la chanson, parsemé de tubes de variétés.

Resnais s'est affirmé au long de sa filmographie comme un virtuose des rapports entre l'écrit et l'image et un inventeur de formes, s'inspirant de la bande dessinée, dont il était fan, ou intégrant dans ses fictions des chansons célèbres.

> "Aimer, boire et chanter"

Après Pas sur la bouche en 2003 et Les herbes folles en 2009, le cinéaste avait été récompensé à la mi-février par le Festival de Berlin pour son dernier long métrage, Aimer, boire et chanter, une fantaisie entre théâtre, cinéma et bande dessinée avec six comédiens tout à la joie de leur texte.

"J'ai essayé de réaliser ce que Raymond Queneau appelait dans "La Saint-Glinglin", "labrouchecoutaille," une sorte de ratatouille, en cassant les barrières entre cinéma et théâtre pour gagner en liberté", avait-il expliqué

Selon Jean-Louis Livi, producteur de ses trois derniers films, Alain Resnais "était en train de préparer, avec moi, un autre film dont il avait écrit le premier scénario et qui s'appelle Arrivée et départ".