BFMTV

Affaire Halimi: "Le film se rapproche beaucoup de ce qu'on a vécu"

Syrus Shahidi et Zabou Breitman dans "24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi"

Syrus Shahidi et Zabou Breitman dans "24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi" - -

Les deux soeurs d'Ilan Halimi sont revenues jeudi matin sur la mort de leur frère, séquestré et torturé par le "gang des barbares" en 2006. Elles tiennent à parler de cette affaire, "pour qu'on n'oublie pas" leur frère. Un film retraçant ce fait divers sort en salles le 30 avril.

"On ne s'en remet pas": huit ans après la mort d'Ilan Halimi, ses soeurs ont évoqué ce drame, une semaine avant la sortie d'un film qui lui est consacré, le 30 avril prochain. Le jeune homme de confession juive avait été séquestré, torturé et tué dans une cité des Hauts-de-Seine par le "gang des barbares".

Yaël Halimi et Anne-Laure Abitbol, soeurs de la victime, s'exprimaient au micro d'Europe 1, à l'occasion de la sortie mercredi prochain du premier film retraçant le cauchemar de leur famille, "24 jours", du réalisateur Alexandre Arcady.

"C'est important de parler", "pour la mémoire d'Ilan", expliquent les deux soeurs, avant de se dire contentes "qu'on reparle de cette histoire, pour qu'on n'oublie pas, que ça ne se reproduise plus".

"Le film se rapproche beaucoup de ce qu'on a vécu", explique Anne-Laure, appuyée par soeur qui ajoute: "On pense qu'il est important que le public sache exactement ce qu'il s'est passé".

"J'ai croisé une des accusées dans le métro"

Le réalisateur a choisi d'adapter le livre de Ruth Halimi, la mère de la victime, intitulé 24 jours, la vérité sur la mort d'Ilan Halimi. Le jeune homme, alors âgé de 23 ans, avait été attiré dans un guet-apens, un soir de janvier 2006 à Sceaux, au sud de Paris.

Il avait été retenu et torturé pendant trois semaines dans une cité de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine. Ses ravisseurs antisémites voulaient extorquer de l'argent à sa famille. Youssouf Fofana, le chef du "gang des barbares" qui a reconnu avoir porté les coups mortels, a été condamné à la perpétuité en 2009.

"C'est une épreuve à chaque fois d'en parler", confesse Anne-Laure Abitbol. "Chacun (des accusés, ndlr) a fait un petit peu pour qu'Ilan soit là où il est aujourd'hui", dit-elle. "J'ai croisé une des accusées dans le métro et ça m'a fait comme un coup de couteau dans le coeur... ça m'a fait très très mal", dit-elle.

"On s'est regardé et puis j'ai tourné le regard", se souvient-elle. Le pardon est-il possible? "C'est très difficile comme question", répondent les deux soeurs.

Alors que le film est centré sur la mère d'Ilan Halimi, celle-ci n'est pas allée le voir en avant-première, rapportent ses filles. "C'est trop difficile pour elle".

A.D. avec AFP