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"24 jours, la vérité sur l'affaire Ilan Halimi", le film

Alexandre Arcady lors de la présentation de son film "24 jours" au théâtre Victor-Hugo de Bagneux.

Alexandre Arcady lors de la présentation de son film "24 jours" au théâtre Victor-Hugo de Bagneux. - -

A l'affiche le 30 avril, le film "24 jours" d'Alexandre Arcady revient sur l'Affaire Halimi, un jeune homme juif enlevé et torturé en 2006 à Bagneux.

L'affaire remonte à 2006: Ilan Halimi est retrouvé nu et agonisant le long d’une voie de chemin de fer à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l'Essonne. Enlevé, séquestré et torturé pendant 24 jours dans une cité de Bagneux, le jeune homme ne survivra pas à son calvaire. Alexandre Arcady a décidé d'en faire un film, avec Syrius Shahidi, Zabou Breitman, Jacques Gamblin et Sylvie Testud. Le film sort le 30 avril en salles.

Choisi parce qu'il était juif, le jeune homme avait été attiré dans un guet-apens par une jeune fille, recrutée par le "gang des barbares" pour extorquer de l'argent à sa famille. Youssouf Fofana, le chef du groupe, qui a reconnu avoir porté les coups mortels, a été condamné à la perpétuité en 2009.

Un film pour le devoir de mémoire

Dans son long-métrage, Alexandre Arcady adopte le point de vue de la mère de la victime, Ruth Halimi, en s'appuyant sur le livre éponyme écrit par cette dernière. Le spectateur assiste ainsi aux 24 jours durant lesquels la femme a dû faire face à plus de six cents appels, demandes de rançon, insultes et photos de son fils torturé par ses bourreaux. Vingt-quatre jours durant lesquelles la famille d'Ilan Halimi fut contrainte de garder le silence pour le "bon déroulement" de l'enquête, réalisée par les les policiers du 36 Quai des Orfèvres.

"Un peu anxieux" à l'idée de présenter son film à l'endroit même où Ilan Halimi a été séquestré et torturé par ses bourreaux, le réalisateur a expliqué dimanche devant une salle comble, avoir eu besoins de faire ce long-métrage pour un devoir de mémoire. Une manière de créer une union contre l'antisémitisme, à travers cette tragique affaire.

L'occasion aussi de faire la lumière sur les faits, en faisant revivre les évènements aux spectateurs et leur rappeler que cinq cent familles "ont côtoyé pendant vingt-quatre jours les ravisseurs et personnes n'a parlé, tout le monde s'est tu". Faire encore parler de l'affaire donc, pour se rappeler que le silence aura couté la vie à un homme de vingt-trois ans, mort parce qu'il était juif.

C. D. avec Claire Fleury et Elsa Jirou