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Après la défense de Polanski par Nadine Trintignant, son fils et son petit-fils se désolidarisent

Vincent Trintignant récupérant le César du meilleur acteur de son père Jean-Louis, en 2013, et Roman Kolinka, au festival de Deauville en octobre 2019

Vincent Trintignant récupérant le César du meilleur acteur de son père Jean-Louis, en 2013, et Roman Kolinka, au festival de Deauville en octobre 2019 - Patrick Kovarik - AFP / Loïc Venance - AFP

Vincent Trintignant et Roman Kolinka joignent leur voix pour adresser leur soutien aux victimes de violences sexuelles. Il y a quelques jours sur BFMTV, Nadine Trintignant soutenait Roman Polanski.

Les points de vue divergent au sein de la famille Trintignant. Il y a quelques jours, Nadine Trintignant exprimait sur notre antenne son soutien à Roman Polanski, réalisateur accusé viol par plusieurs femmes, dont la photographe française Valentine Monnier, alors qu'elle avait 18 ans, en 1975. Ce vendredi, le fils et le petit-fils de Nadine Trintignant, Vincent Trintignant et Roman Kolinka, prennent le contre-pied de ses déclarations avec une lettre ouverte publiée par Gala. Ils y saluent le "courage" des victimes de violences et leur adressent leur soutien, citant nommément Valentine Monnier. 

Nadine Trintignant est la mère de Marie Trintignant, morte en 2003 sous les coups de Bertrand Cantat. Vincent est le fils de Nadine Trintignant et frère de Marie, et Roman est le fils qu'elle a eu avec Richard Kolinka.

"Votre prise de parole est précieuse et nécessaire"

"Nous soutenons de tout cœur ces femmes dignes, courageuses, qui osent dénoncer leurs bourreaux et témoigner des ignobles violences qu’ils leur ont fait subir", déclarent-ils dans les colonnes de l'hebdomadaire. "Votre prise de parole est précieuse et nécessaire. Un artiste, même qualifié d’immense, est avant tout un être humain. Il doit être confronté à la justice pour les douleurs qu’il a infligées."

"Plus jamais le silence"

Les deux hommes s'adressent également à Adèle Haenel, qui accuse le réalisateur Christophe Ruggia d'attouchements et de harcèlement sexuel lorsqu'elle était mineure:

"Nous vous croyons chères Adèle, Valentine, et toutes vos sœurs qui osez briser le silence. Vos récits sont poignants, bouleversants. Nous demandons que justice soit faite. Quelle leçon! Merci! Plus jamais le silence! Stop à la violence faite aux femmes."

Roman Polanski, dont le dernier film J'accuse est sorti mercredi au cinéma, réfute les accusations de Valentine Monnier. Le réalisateur fait l'objet d'une dizaine d'accusations de violences sexuelles. Il a fui les États-Unis en 1978, sous le coup de poursuites pour relations sexuelles illégales avec une mineure de 13 ans. Christophe Ruggia, lui aussi, nie toute agression

Benjamin Pierret