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Yvelines: un panneau à l'effigie de l'ayatollah Khomeiny à Neauphle-le-Château bientôt dissimulé

L'ayatollah Khomeiny à Neauphle-le-Château.

L'ayatollah Khomeiny à Neauphle-le-Château. - JOEL ROBINE / AFP

Il avait été installé sur un terrain privé de la commune, où le fondateur de la République islamique d'Iran avait séjourné à la fin des années 1970.

Un panneau à l'effigie de l'ayatollah Khomeiny installé sur un terrain privé de Neauphle-le-Château, dans les Yvelines, où le fondateur de la République islamique d'Iran avait séjourné à la fin des années 1970, sera dissimulé, a indiqué mercredi la maire de la commune.

Cette décision fait suite à une demande de la Ligue du droit international des femmes (LDIF), représentant un collectif de 40 ONG, et de l'association Femme Azadi, qui réclamaient "à la lumière des événements tragiques qui se déroulent actuellement" en Iran "l'octroi sans délai de l'autorisation (...) de dissimuler le panneau".

L'Iran est secoué depuis septembre par des manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini, 22 ans, à la suite de son arrestation par la police des mœurs pour avoir, d'après celle-ci, enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique.

18 personnes condamnées à la peine capitale

Dix-huit personnes ont été condamnées à la peine capitale en lien avec la contestation, selon un décompte établi par l'Agence France-Presse (AFP) à partir d'annonces officielles.

Installé sur une parcelle privée mais visible depuis la rue, le panneau en bois haut d'un mètre environ affiche un portrait de l'ayatollah Khomeiny, et un texte en français et persan évoquant son séjour à Neauphle-le-Château entre octobre 1978 et janvier 1979, lorsque le Chah d'Iran l'avait contraint à l'exil.

"Le panneau sera occulté, reste à trouver comment. Probablement par un large panneau installé sur le trottoir", a expliqué à l'AFP la maire de la commune, Élisabeth Sandjivy, à l'issue de sa rencontre avec les associations.

Une procédure juridique bientôt engagée?

Une procédure juridique devrait être engagée par la suite pour contraindre le propriétaire du terrain à retirer le panneau, a-t-elle ajouté.

Présente à la mairie pour représenter la société civile franco-iranienne, Saena Delacroix-Sadighiyan s'est dite "satisfaite" de cette rencontre.

"Nos demandes ont été entendues. Vu le contexte actuel, c'était devenu indispensable", a déclaré l'artiste franco-iranienne de 34 ans à l'AFP.

La LDIF et Femme Azadi ont par ailleurs demandé à l'édile à ce "qu'une place ou une rue de la commune porte désormais le nom de Mahsa Amini".

La maire a elle proposé aux associations qu'une œuvre d'art lui soit dédiée dans une rue de la commune.

F.B. avec AFP