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Trappes: la mairie s'oppose à la présence d'un "cirque pirate" avec des animaux sauvages

La ville de Trappes estime que l'installation du cirque Europa dans sa commune n'a pas été faite dans les règles. Elle affirme que les forains ont menti sur la présence d'animaux sauvages, le cirque avait déjà fait l'objet de ces mêmes accusations par d'autres communes.

Après Neuilly-sur-Marne, c'est au tour de Trappes de s'opposer à la présence du "cirque Europa" dans sa ville. La commune juge que les membres du cirque ont menti sur la présence d'animaux sauvages dans leurs spectacles afin d'obtenir une autorisation d'installation.

"C'est un cirque pirate"

"Il a été autorisé parce qu'il s'est présenté comme un cirque uniquement humain. C'est un cirque pirate qui n'a pas respecté ses engagements en faisant venir des animaux sur un site qui n'est pas prévu pour cela", dénonce le maire (Génération.s) de Trappes Ali Rabeh au micro de BFM Paris.

Il y a plus d'un mois, un problème identique est survenu à Neuilly-sur-Marne avec le même cirque. Le maire de cette commune de Seine-Saint-Denis avait alors dénoncé des "manœuvres de voyous" et avait saisi la justice. À Trappes, la municipalité a choisi de prendre un arrêté pour interdire l'ouverture du cirque.

Pour contourner cette interdiction, les circassiens ont fait rentrer des spectateurs par des clôtures découpées, comme le montrent des images publiées sur Twitter, par l'association de défense des animaux "Paris animaux Zoopolis".

"La clôture a été dégradée et ouverte par les forains eux-mêmes. Nous n'avons même pas deux entrées et deux sorties pour permettre l'évacuation de la foule en cas de panique ou en cas d'incendie", déplore le maire de Trappes.

Les membres du cirque veulent rester

De leur côté, les membres du cirque, qui possèdent toujours l'autorisation d'installation, n'ont pas l'intention de partir de Trappes. Les forains affirment même ne pas avoir caché la présence d'animaux dans leur cirque à la municipalité. Ils rappellent également avoir en leur possession une licence délivrée par l'Etat qui leur permet de détenir des animaux sauvages.

En octobre dernier, lorsque les mêmes critiques avaient émané à Neuilly-sur-Marne à l'encontre du cirque Europa, son directeur avait affirmé au Parisien que les maires les forcent "à mentir". "Nous on fait ça, pour pouvoir vivre'', avait-il expliqué.

L'association de défense des animaux "Paris animaux Zoopolis" dénonce elle un "véritable scandale". Sa co-fondatrice Amandine Saviens, demande l'intervention de la préfecture afin que les forains soient expulsés.

"On a un cirque qui est coutumier d'avoir des méthodes de voyous. À Argenteuil cet été, au mois d'octobre à Neuilly-sur-Marne et maintenant à Trappes, ce cirque ne tient pas ses engagements. (...) Ce cirque est venu par la force en imposant ses fauves qui sont dans des cages", s'insurge Amandine Saviens à BFM Paris.

Les habitants de Trappes sont eux plus partagés sur la présence du cirque sur la commune. Certains ne comprennent pas la volonté du maire de s'opposer aux forains. "Le cirque, c'est des clowns, c'est des jongleurs mais c'est aussi des animaux", estime un habitant. Une autre passante est à l'inverse, contre les spectacles avec animaux.

"C'est dangereux pour nous les animaux sauvages, je m'inquiète aussi pour les enfants", assure-t-elle au micro de BFM Paris.

Une loi contre la maltraitance animale a été adoptée le 18 novembre dernier par le Parlement. Celle-ci prévoit notamment l'interdiction progressive des animaux sauvages dans les cirques et les delphinariums. Il sera interdit de les présenter au public d'ici deux ans et de les détenir d'ici sept ans. Aujourd'hui, il existe environ un millier d'animaux sauvages dans les 120 cirques itinérants actuels.

Rémi Senlis avec Gauthier Hartmann