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JO-2024: les élus de Seine-Saint-Denis craignent des coupes budgétaires dans le département

Plusieurs lignes du Grand Paris Express ne seront pas prêtes à temps pour les JO de 2024.

Plusieurs lignes du Grand Paris Express ne seront pas prêtes à temps pour les JO de 2024. - Christophe Simon - AFP

Ils estiment que le département ne doit pas devenir "la variable d'ajustement" dans le cadre d'économies à faire sur l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 en France.

Des élus de Seine-Saint-Denis ont poussé ce jeudi un coup de gueule, décidés à se bagarrer pour que le département ne devienne pas "la variable d'ajustement" dans le cadre d'économies à faire sur l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 en France, et appelant l'Etat à intervenir.

En raison de la crise sanitaire, les organisateurs des JO-2024 se sont fixé entre 300 et 400 millions d'euros d'économies à réaliser, pour rester dans un budget initialement fixé à 3,8 milliards d'euros.

"Il y a quelques lignes rouges qui ne doivent pas être franchies. La Seine-Saint-Denis ne peut pas être la variable d'ajustement, et cela ne peut pas être un alibi au moment de la candidature", a lancé Stéphane Troussel, président PS du département, au cours d'un point presse devant le Stade de France, aux côtés du nouveau maire de Saint-Denis, Mathieu Hanotin, ainsi que des maires du Bourget et de Dugny.

"Un détricotage progressif"

Stéphane Troussel, masque siglé "département de Seine-Saint-Denis", en a appelé directement à l'intervention de l'Etat, et à celle du Premier ministre, Jean Castex, ancien Monsieur JO, puisqu'il était délégué interministériel au JO avant de rejoindre Matignon.

Mathieu Hanotin a mis en garde contre "un détricotage progressif" des installations et programmes qui met en jeu même "le sens de Paris 2024". Il s'est montré particulièrement préoccupé qu'on puisse "enlever les épreuves de natation, épreuve reine", "ce n'est pas le bon signal, le bon symbole". La question du maintien de l'équipement provisoire recevant la compétition de natation à Saint-Denis est sur la table.

"Heureusement qu'on a le Stade de France et qu'on ne peut pas le déplacer, si on lui mettait des roulettes dessus, qu'est-ce qui pourrait se passer!", a-t-il ironisé.

Discuter du "superflu"

Stéphane Troussel s'est d'ailleurs dit favorable à la "sobriété" de ces Jeux et "à discuter de tout ce qu'il pourrait y avoir de superflu, y compris dans l'évènementiel".

Le maire de Dugny, Quentin Gessel (divers droite), où sera installé le village des médias, s'est inquiété que ce village qui doit être transformé en logements, écoles, crèches.. soit réduit. "J'ai peur qu'à la fin on se retrouve avec des projets mal faits, mal terminés et que cela ne bénéficie pas aux habitants de ma ville", a-t-il lancé.

Les financements directs des collectivités de la Seine-Saint-Denis représentent 140 millions d'euros, a rappelé Stéphane Troussel. "Les économies sur le village des médias c'est 22 millions d'euros, quand l'Etat annonce qu'il va mobiliser 100 milliards pour relancer l'économie du pays!", a-t-il souligné.

F.B. avec AFP