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Seine-Saint-Denis: 99% des mineures tombées dans la prostitution avaient déjà subi des violences

Dans le département, l’Observatoire des violences envers les femmes a retracé le parcours de 101 mineurs qui se prostituent. L'étude révèle que ces jeunes ont presque tous subi des violences avant d’entrer dans la prostitution.

En Seine-Saint-Denis, 99% des mineurs qui se prostituent ont subi des violences avant de tomber dans la prostitution. C'est le constat alarmant d'une récente étude, publiée par l’Observatoire des violences envers les femmes de la Seine-Saint-Denis qui a étudié 101 dossiers de mineurs, victimes de prostitution: 99 filles et 2 garçons, pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance.

Les chiffres sont inquiétants. Avant de tomber dans la prostitution, 7 filles sur 10 ont subi des violences sexuelles au sein de leur famille ou de leurs proches, vers l’âge de 12 ans en moyenne. Dans 8 cas sur 10 il s'agissait de viols ou de tentatives de viols.

Dans le groupe étudié, l’entrée dans la prostitution se fait très jeune, à 11 ans et l’âge moyen pour se prostituer est de 15 ans. Au moins 4 mineures sur 10 n’ont pas conscience de se prostituer. D’ailleurs, l’Observatoire, met en garde contre le vocabulaire souvent utilisé, comme "escort" ou "michetonnage", des mots qui banalisent la prostitution.

Un "petit ami" proxénète

L’étude s’intéresse également au profil des proxénètes, ce sont majoritairement des hommes âgés de 14 à 25 ans. Pour 1 femme victime sur 4, le proxénète est le "petit ami". Sur ces 101 dossiers, seuls 7% des proxénètes ont été poursuivis et 3% condamnés.

Selon une étude de l'Observatoire des violences envers les femmes, les proxénètes de mineures en Seine-Saint-Denis sont majoritairement des hommes âgés de 14 à 25 ans.
Selon une étude de l'Observatoire des violences envers les femmes, les proxénètes de mineures en Seine-Saint-Denis sont majoritairement des hommes âgés de 14 à 25 ans. © Observatoire des violences envers les femmes

La prostitution de ces jeunes filles entraîne de lourdes conséquences sur leur scolarité et santé: harcèlement, décrochage scolaire, hospitalisations ou encore tentative de suicide.

Un plan d'action annoncé

Pour lutter contre le phénomène, Stéphane Troussel, président du département de la Seine-Saint-Denis a présenté mardi un plan d’action de 2,3 millions d’euros pour l’année prochaine avec trois actions principales: la prévention, l’accueil et le suivi.

Des actions concrètes sont prévues dans les écoles et au sein des familles. Des consultations vont être ouvertes pour les victimes. Il y aura également une formation des professionnels ou encore la création d’une permanence contre les violences pour les femmes sourdes et malentendantes.

D'ores et déjà, pour les victimes ou les témoins, il existe les numéros d’urgence habituels et notamment le 3919, le numéro d'appel gratuit pour les femmes victimes de violences, accessibles 24h/24. Pour information, les appels au 3919 n'apparaissent pas sur les relevés téléphoniques.

Violences faites aux femmes: comment alerter?

Appeler le 3919
Appeler le 17
Par SMS au 114
Sur internet http://ArretonsLesViolences.gouv.fr/

Djena Tsimba et Alicia Foricher