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"Qu'attendez-vous pour agir?": les élus LFI interpellent Pécresse face aux dysfonctionnements dans les transports

Les élus demandent un remboursement pour les usagers directement impactés par les dysfonctionnements.

Les élus demandent un remboursement pour les usagers directement impactés par les dysfonctionnements. - Miguel Medina - AFP

Alors que les problèmes de transports en commun sont multiples depuis plusieurs semaines, les élus LFI d'Ile-de-France ont remis une lettre de plaintes et de propositions à Valérie Pécresse ce jeudi 22 septembre.

Retards, bus qui ne marquent plus les arrêts, suppression de trains... Depuis la rentrée, les Franciliens font face à de nombreux problèmes de transports. Face à ce constat, un courrier signé de députés et conseillers régionaux de La France insoumise a été adressé à Valérie Pécresse. Ce courrier devait être remis à la présidente de région et de l'autorité organisatrice des transports ce jeudi, indique le député LFI Paul Vannier.

Dans cette lettre datée de ce jeudi, les élus formulent plusieurs demandes: un moratoire sur l'ouverture à la concurrence, le rétablissement de l'offre à 100% (un niveau qui n'a pas été remis en place depuis la crise sanitaire), le blocage des prix de la carte navigo et le remboursement des usagers.

Bloquer le prix du pass navigo

Cette lettre des Insoumis arrive une semaine après que la présidente a annoncé devant la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT) la possible augmentation du pass navigo. "Ce que je veux, c'est augmenter le navigo le moins possible", avait déclaré l'ex-candidate LR à la présidentielle le mercredi 14 septembre. Une augmentation envisagée en raison des coûts de l'énergie galopants de ces derniers mois. Dans leur courrier, les élus LFI critiquent cette annonce.

"Malgré un service des plus déplorables et bien que la crise inflationniste frappe de plein fouet le porte-monnaie de nombreux Franciliens, vous avez annoncé vouloir augmenter les tarifs du pass navigo en 2023. Sera-ce sous votre mandat que le nombre de franciliens qui doivent choisir entre se nourrir et se déplacer explosera ?"

Et d'ajouter: "qu'attendez-vous pour agir urgemment, alors que les transports en commun doivent permettre à celles et ceux qui sont les plus frappés par la hausse des prix des carburants de modifier leur façon de se déplacer et d'y trouver une alternative soutenable sur le plan économique et écologique ? ".

Les élus locaux exigent également un remboursement pour tous les usagers qui pâtissent des soucis de transports.

Rétablir l'offre à 100%

Autre demande des Insoumis Franciliens, le rétablissement de l'offre de transport à 100%. "Nous sommes tous les jours interpellés sur la dégradation des conditions de voyage", lancent-ils. Attente en gare doublée, suppression de desserte, de trains et incidents d'exploitations, les députés passent tous les problèmes en revue. Pendant la crise sanitaire, la fréquence des transports a été diminuée. Les transports n'ont depuis pas retrouvé leur niveau d'avant-crise.

Autre argument, le courrier stipule que plusieurs élus locaux issus de la droite francilienne se sont eux-aussi indignés des dysfonctionnements, notamment Grégoire de Lasteyrie, maire de Palaiseau et vice-président d'Ile-de-France mobilités.

Le nouvel adhérent d'Horizons a en effet publié un communiqué au début du mois à propos de la situation "alarmante" sur les lignes de bus RATP du plateau de Saclay. "La situation des lignes de bus sur notre territoire est alarmante! Les voyageurs subissent les conséquences désastreuses de problèmes techniques et de personnel. C'est inacceptable", écrivait-il également dans un tweet.

Une dégradation de l'offre causée également par le manque de main-d'oeuvre et les difficultés de recrutement. Selon les Insoumis, il manquerait "2200 conducteurs de bus et de trains nécessaires à la bonne exploitation du réseau".

Un moratoire sur l'ouverture à la concurence

Les Insoumis exigent un moratoire sur l'ouverture à la concurrence. "Ceci est le résultat de votre politique de sous-investissement et d'ouverture à la concurence des transports. Vous refusez de diversifier les sources de financement".

Pour eux, c'est cette concurrence qui est la cause de la dégradation des conditions de travail des conducteurs, ce qui contribue à abimer l'attractivité de ces métiers "déjà en tension".

Martin Regley