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Policiers brûlés à Viry-Châtillon en 2016: l'IGPN saisie par un avocat de la défense

L'IGPN (PHOTO D'ILLUSTRATION)

L'IGPN (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Stéphane de Sakutin - AF

L'avocat d'un des jeunes condamnés saisit l'IGPN notamment pour manquement aux devoirs d'impartialité au cours de l'enquête sur l'attaque des policiers en 2016.

L'IGPN a été saisie d'un signalement pour manquement aux devoirs d'impartialité, de dignité et de courtoisie au cours de l'enquête sur l'attaque de policiers à Viry-Châtillon en 2016, alors que la défense dénonce une enquête tronquée, a appris vendredi l'AFP de sources concordantes.

Au terme de six semaines de procès à huis clos, la cour d'assises des mineurs de Paris a déclaré dimanche dernier cinq des 13 accusés coupables de tentative de meurtre sur des policiers. Trois d'entre eux, condamnés à 18 ans de réclusion, se sont pourvus en cassation.

Le signalement porte sur le comportement d'un policier

Au cours du procès en appel qui avait débuté le 2 mars, Frank Berton, avocat de l'un des jeunes condamnés à 18 ans de réclusion, a saisi l'IGPN et prévoit de saisir le Défenseur des droits, a-t-il confirmé à l'AFP.

Le signalement à l'IGPN, envoyé le 6 avril et reçu à l'IGPN autour du 16 avril, porte sur le comportement d'un policier en 2017, au cours de l'enquête menée par la Sureté départementale de l'Essonne, selon une source proche du dossier.

En l'état, l'IGPN, qui n'a pas ouvert d'enquête administrative et n'a pas eu accès à la procédure, "y voit un manquement au devoir de courtoisie selon les procès-verbaux d'audition fournis à l'appui par Me Berton", a-t-on ajouté de même source, précisant que "conformément à la procédure", l'IGPN avait demandé des explications à la Direction centrale de la Sécurité publique (DSCP). Des explications que l'IGPN n'avaient pas encore reçues vendredi.

Une plainte déposée pour "faux et usage de faux"

Par ailleurs, le 11 mars, Me Frédérick Petipermon, avocat d'un des accusés qui se pourvoit en cassation, a déposé une plainte à Evry contre les enquêteurs pour "faux et usage de faux".

D'autres avocats de la défense ont également exprimé leur intention d'attaquer les enquêteurs en justice, annonçant le dépôt d'une plainte auprès du parquet d'Evry, qui n'avait rien reçu vendredi à la mi-journée. Selon la défense, les interrogatoires auraient été mal retranscrits à la défaveur des accusés et des "coupables auraient été sciemment remis en liberté".

Ces critiques ont fait réagir le directeur général de la police nationale Frédéric Veaux qui a pris la défense des enquêteurs auxquels il a rendu visite jeudi. Il s'est étonné également que ces critiques surviennent cinq ans après les faits.

À ceux qui critiquent le choix de confier cette enquête à la Sûreté départementale de l'Essonne, M. Veaux a répondu que c'était le parquet qui choisissait le service enquêteur.

"C'était le service adéquat car il a les moyens de faire des enquêtes sur le long cours, connaît très bien ce terrain très délimité avec une connaissance fine des bandes. C'était une enquête locale donc la Sureté avait le profil", a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

S.B. avec AFP