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Paris: plusieurs centaines de migrants installés dans le jardin Villemin, la maire du 10e interpelle l'État

Faute de place dans des structures d'hébergement d'urgence, 300 exilés ont dormi dans le parc dimanche soir. Ce lundi, ils sont encore "près de 200" à demander une place d'accueil.

Ils s'apprêtent à passer une deuxième nuit consécutive sur l'herbe du jardin Villemin. Environ 300 migrants ont dormi dans ce parc du 10e arrondissement de Paris dimanche soir. Il en reste aujourd'hui "près de 200 à loger", a indiqué Alexandra Cordebard, maire socialiste de l'arrondissement, ce lundi soir sur BFM Paris.

Le collectif Réquisitions est à l'origine de cette installation, décidée à l'issue de la manifestation contre les expulsions et le logement cher, organisée dimanche sur la place de la République. Près de 1000 sans-abri y ont pris part. L'objectif était d'investir les lieux jusqu'à ce que chacun d'entre eux puisse avoir accès à un hébergement d'urgence. Selon la préfecture, 470 migrants ont pu être pris en charge. Les autres ont été expulsés avec le concours de gaz lacrymogène. Une méthodeque regrette la maire du 10e arrondissement. Les exilés et les associations se sont alors dirigés vers le jardin Villemin.

Tandis que les bénévoles distribuaient des repas, ce lundi, Alexandra Cordebard s'est rendue sur place. Elle appelle la préfecture à agir. À cette heure, "nous continuons à interpeller l'État pour que ces places soient mises à disposition", souligne-t-elle. Et assure avoir notamment proposé la mobilisation de gymnases.

"Un nouveau grand centre d'hébergement"

"L'État, ces derniers mois, a fait un certain nombre d'efforts que je tiens à saluer, fait valoir l'élue. Beaucoup de places d'hébergement nouvelles ont été mises à disposition mais ça ne suffit pas de toute évidence."

C'est pourquoi elle plaide pour la création d'un "nouveau grand centre d'hébergement à Paris ou en région parisienne", en plus de celui de la Villette. Là encore, "la ville de Paris a fait de nombreuses propositions à la préfecture d'Île-de-France et au préfet", soutient Alexandra Cordebard. Elles ont "toutes été balayées".

"Nous avons absolument besoin que l'Île-de-France prenne sa part", a-t-elle déclaré. Car "aujourd'hui, l'hébergement est concentré à Paris et en Seine-Saint-Denis".

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions