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"Non, ça n'est pas un ami": Christophe Girard se défend de ses liens avec Gabriel Matzneff

Christophe Girard, le 18 décembre 2013

Christophe Girard, le 18 décembre 2013 - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP

Invité ce jeudi de France Inter, l'ancien adjoint à la Culture de Paris a assuré ne pas avoir entretenu de liens d'amitié avec Gabriel Matzneff, contrairement à ce que l'écrivain affirme.

Dans un mail adressé à BFMTV mercredi, Gabriel Matzneff a déploré la démission de Christophe Girard, ancien adjoint à la mairie de Paris qui a quitté son poste à la suite d'attaques d'élus écologistes lui reprochant ses liens avec l'écrivain. Dans son courriel, l'auteur visé par une enquête pour "viols sur mineurs" s'est dit "outré, catastrophé" par cette "infortune" que subit Christophe Girard "par le seul fait de notre amitié".

Des mots qui n'ont pas plu à l'intéressé, qui s'est de nouveau défendu ce jeudi sur France Inter d'entretenir de quelconque liens d'amitié avec Gabriel Matzneff:

"Ça n’est pas un ami, a assuré Christophe Girard. On n’a pas du tout la même définition de l’amitié. Gabriel Matzneff considère que ces repas débouchent sur l’amitié. Pour moi, l’amitié est une forme d’intimité."

Une déclaration qui stupéfie Gabriel Matzneff. "Vous m’apprenez que Christophe a, ce matin, déclaré au micro de France Inter que cette amitié n’est pas réciproque. Je le regrette, pour moi, certes, mais aussi pour lui, car choisir un moment particulièrement difficile de mon existence pour rompre notre amitié, et le faire publiquement, manque véritablement d’élégance", a-t-il déclaré à BFMTV après cette interview.

"Je ne débloquais pas les fonds"

Christophe Girard lui assure "évidemment" regretter avoir fréquenté Gabriel Matzneff. Mais explique-t-il, "quand on est adjoint à la Culture depuis 17 ans, on a comme rôle et devoir de rencontrer et de discuter avec les artistes sans leur demander leur casier judiciaire".

Christophe Girard est par ailleurs pointé du doigt pour avoir aidé à financer durant deux ans, lorsqu'il était secrétaire général de la Maison Yves Saint Laurent dans les années 1980, la chambre d'hôtel où Gabriel Matzneff entretenait des relations avec Vanessa Springora, alors mineure.

"Je ne débloquais pas les fonds, a-t-il déclaré au micro de France Inter. C’est tout à fait vérifiable que je n'avais pas le chéquier de Pierre Bergé (alors compagnon d'Yves Saint-Laurent, NDLR), que je ne m’occupais pas de comptabilité. J'ai informé l'écrivain".

Selon l'ancien adjoint à la Culture, il a juste "informé l'écrivain" que "Pierre Bergé lui payait sa convalescence" dans l'hôtel où Gabriel Matzneff était censé se remettre d'une opération des yeux.

Des banderoles "d'une violence inouïe"

Concernant la manifestation féministe organisée devant l'Hôtel de Ville à la suite de laquelle il a démissionné de son poste d'ajoint, Christophe Girard déplore les slogans choisis par les participantes. "Quand on voit sur une banderole écrit 'l’adjoint à la Culture du viol', c’est d’une violence inouïe", a-t-il déclaré.

S'il dit ne pas en vouloir à Alice Coffin, l'élue écologiste ayant organisé la mobilisation jeudi dernier, elle a selon lui commis "une faute républicaine":

"Elle est dans son combat, elle est de cette génération, a-t-il jugé. Je respecte. Elle a été sans doute été débordée par des banderoles, qui sont des banderoles de la haine que l’on ne peut pas montrer devant un Hôtel de Ville dont on vient d’être élue", a-t-il ajouté, se disant "défenseur de la cause féminine".

Face à l'ampleur prise par cette affaire sur les réseaux sociaux, Christophe Girard estime qu'ils représentaient un "danger pour la démocratie. "La présomption d’innocence est absolument vitale. Si la justice c'est les réseaux sociaux, c’est la rue, nous irons dans une forme de pays de la Terreur, ajoute-t-il encore.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions