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"Il faut fermer l'Île-de-France": le scénario d'un reconfinement local divise soignants et élus

Vue de Paris. (image d'illustration)

Vue de Paris. (image d'illustration) - Franck Fife - AFP

Faut-il reconfiner l'Île-de-France? Après l'annonce de la prise de parole du Premier ministre ce jeudi soir, les avis divergent entre les professionnels de la santé et les élus locaux.

L'Île-de-France fait partie des régions "préoccupantes" pour l'exécutif, à en croire la liste dévoilée ce mercredi par Gabriel Attal à l'issue du conseil des ministres: le taux d'incidence sur les sept derniers jours dépassé les 250 - l'ancien seuil "d'alerte maximale" - dans tous les départements de la région, à l'exception des Yvelines.

Faut-il dans ce cas imaginer des reconfinements localisés, à l'image de ce qui a été mis en place dans les environs de Nice et de Dunkerque? Avant une nouvelle conférence de presse de Jean Castex ce jeudi à 18 heures, les professionnels de santé alarment sur la situation dans la région.

"Un plateau très élevé"

"On est sur un plateau très élevé, avec beaucoup de patients Covid-19 en réanimation", explique Rémi Salomon, président de la commission médicale de l'AP-HP, invité de BFMTV ce jeudi matin. Il indique que la déprogrammation de certains soins a commencé dans les hôpitaux franciliens.

"On déprogramme d'abord les patients pour lesquels on pense que ce report de soins ne fera pas trop perdre de chances", explique-t-il.

En attendant d'éventuelles restrictions supplémentaires, Rémi Salomon rappelle l'importance des gestes barrières et du port du masque. Même discours pour Rafik Masmoudi, médecin urgentiste à l'Hôpital européen Georges Pompidou de Paris: "C'est le seul traitement que l'on a actuellement", en attendant les effets de la vaccination.

"Il faut fermer l'Île-de-France"

L'urgentiste, invité de BFMTV, met en garde. "Je pense que ce n'est pas le moment de faire de la politique politicienne. (...) il y a des vies en jeu", a-t-il plaidé, concédant que "les décisions sont difficiles" à prendre.

"Pour moi, il faut fermer l'Île-de-France tout de suite, il ne faut pas attendre une semaine", estime Rafik Masmoudi.

De son côté Stéphane Troussel, le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, a indiqué qu'il n'était pas favorable à un confinement local, malgré le taux d'incidence élevé du département (313): "Je ne suis pas favorable à foncer tête baissée vers une solution radicale dont je connais les conséquences économiques et sociales dramatiques pour un territoire comme la Seine-Saint-Denis avant d'avoir tout tenté."

"Faire des dépistages massifs"

L'élu socialiste, invité de BFMTV, rappelle que "chacun doit faire des efforts": "Nous avons 48h pour organiser la rentrée scolaire, il faut des dépistages massifs, notamment avec les tests salivaires."

Le plus important pour Stéphane Troussel, c'est la vaccination. "Il faut des doses supplémentaires pour l'accélérer", martèle l'élu. Il souhaite mettre en place dans son département un bus de vaccination pour aller au plus près des habitants, car actuellemment, la stratégie vaccinale se heurte à la fracture numérique en Seine-Saint-Denis: les rendez-vous en ligne sont parfois pris par des personnes extérieures au département.

"Je pense que pour casser la chaîne c'est un petit peu trop tard", rétorque Rafik Masmoudi. Pour que la situation s'améliore, selon lui, "il faut qu'il y ait un renforcement des restrictions et une vaccination massive".

Une considération territorialisée

Farida Adlani, vice-présidente de la région Île-de-France en charge de la santé, a indiqué sur BFM Paris ce jeudi matin avoir formulé une demande avec la présidente de la région, Valérie Pécresse.

"Il faut absolument que les régions qui sont le plus impactés aient un renforcement des mesures et puis considérer évidemment que dans d'autres régions, le taux d'incidence est plus faible", a-t-elle plaidé, appelant à ne pas bouleverser la vie économique et sociale.

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Alicia Foricher