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Hébergement d'urgence à Paris: le coup de gueule du maire du 19e pour une meilleure répartition

Un sans-abri durant la canicule

Un sans-abri durant la canicule - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

François Dagnaud s'est offusqué de la réquisition d'un hôtel par la préfecture et le gouvernement dans son arrondissement. Il juge que l'ouest parisien n'abrite pas suffisamment de centres d'accueil d'urgence.

Alors que les fortes chaleurs vont durer jusqu'à la semaine prochaine à Paris, de nombreuses personnes vulnérables devraient être accueillies dans les centres d'hébergement d'urgence de la capitale. Certaines pourraient par exemple avoir droit à une place à l'hôtel Ibis, situé quai de l'Oise, dans le 19e arrondissement, et récemment reconverti en accueil d'urgence.

Un lieu qui cristallise aujourd'hui la colère de François Dagnaud, maire socialiste du 19e. Jeudi, le politique a poussé un coup de gueule sur Twitter, dénonçant la réquisition "sans tambour ni trompette, sans information ni concertation" de cet hôtel par la préfecture d'Ile-de-France et le gouvernement, le transformant en "méga centre d’hébergement d’urgence".

Un quartier "déjà très exposé à la précarité sociale"

Si François Dagnaud ne se dit pas hostile à l'accueil de personnes vulnérables dans son arrondissement, il juge le lieu particulièrement mal choisi par la préfecture et le gouvernement.

"L'initiative pourrait être louable (...) si l'hôtel, commercialisé par le groupe Accor dans le cadre d'un marché avec la préfecture de région, n'était pas situé juste entre Staligrad et Rosa Parks, haut lieu du crack, dans un quartier déjà très exposé à toutes les formes de précarité sociale", écrit-il.

"Par sûr qu'entasser 600 personnes à la rue dans un même hôtel soit une bonne idée si le projet est bien de les stabiliser et de les accompagner sur des parcours de retour à l'autonomie", ajoute le maire du 19e.

Des hébergements concentrés dans le nord-est parisien

Aux yeux du maire d'arrondissement, les quartiers populaires de l'est parisien, et du nord-est plus encore, sont en effet sur-sollicités sur la question de l'hébergement d'urgence. Selon lui, il s'agit pourtant des zones où l'on trouve les populations les plus défavorisées.

À l'inverse, il juge que les arrondissements de l'ouest de Paris ne comprennent que trop peu de centres d'accueil pour les personnes à la rue. "Sans doute la préfecture et le groupe Accor n'ont-ils trouvé aucun autre hôtel disponible dans les quartiers d'affaires ou touristiques de Paris?", fustige-t-il sur Twitter.

"Je dénonce le silence radio de la préfecture de région et du gouvernement, comme le choix renouvelé de concentrer les capacités d'hébergement d'urgence dans le nord-est parisien et francilien", résume-t-il ainsi.

Sur Twitter, l'élu a été soutenu par plusieurs figures de la majorité municipale, comme Ian Brossat, adjoint d'Anne Hidalgo au logement. "Pourquoi les services de l'État décident-ils, une fois de plus, de concentrer les places d'hébergement dans un des quartiers les plus populaires de Paris?", s'est interrogé l'adjoint.

Ian Brossat a également partagé une cartographie de la répartion de ces centres d'accueil, majoritairement situés dans les 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 18e, 19e et 20e arrondissement. À l'inverse, on trouve peu d'hébergements d'urgence dans les 5e, 6e, 7e, 8e, 15e et 16e arrondissements

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions