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Crack à Paris: Pécresse plaide pour une structure de soin financée par la région, la Ville et l'État

Rachida Dati et Valérie Pécresse en déplacement aux jardins d'Éole, samedi 29 mai 2021 à Paris

Rachida Dati et Valérie Pécresse en déplacement aux jardins d'Éole, samedi 29 mai 2021 à Paris - Geoffroy Van Der Hasselt - AFP

Candidate à sa réélection à la tête de l'Île-de-France, Valérie Pécresse s'est rendue ce samedi aux Jardins d'Éole, devenu un point de rassemblement des toxicomanes dans le 19e arrondissement de la capitale.

La présidente de l'Île-de-France Valérie Pécresse (ex-LR) s'est dite prête à cofinancer une structure de soin pour les usagers de crack, conjointement avec l'État et la ville de Paris, lors d'un déplacement ce samedi aux Jardins d'Éole (18ème arrondissement), devenu un point de rassemblement des toxicomanes.

"Je propose que la région, l'État et la Ville de Paris se mettent autour d'une table et que nous financions un centre de traitement des crackeurs" a affirmé Valérie Pécresse, qui était accompagnée de la maire LR du 7ème arrondissement, Rachida Dati.

"Il faut mettre en place les moyens médicaux, psychiatriques, de lutte contre les addictions", et "pas juste créer des places d'hébergement d'urgence", a affirmé Valérie Pécresse, candidate à sa réélection au scrutin régional prévu en juin. Elle a qualifié de "fiasco" le plan anti-crack lancé en 2019, auquel la région ne participe pas.

"Les premiers lieux de fixation ont été les salles de shoot et ça n'aide pas à sortir des addictions", a assuré Rachida Dati, partisane d'une prise en charge "y compris sous contrainte".

La maire LR du 7ème arrondissement a fustigé une ville de Paris "aux abonnés absents" et estimé qu'"en tant que présidente du conseil de surveillance de l'AP-HP, (la maire de Paris) Anne Hidalgo pourrait mettre en place une stratégie de lutte contre les addictions".

"Il y a deux semaines, un terrain et des locaux, sans riverains, lui ont été proposés aux abords d'Aubervilliers", a assuré Rachida Dati en déplorant que cette offre se soit soldée par un refus.

Le 22 mai, Anne Hidalgo avait dénoncé la "politique à court terme" de l'État pour lutter contre l'usage de crack dans la capitale.

La région prête à "mettre des millions"

Interrogée sur les compétences de la région pour financer un tel centre de désintoxication, Valérie Pécresse a dénoncé une "stratégie de la défausse". "On va le faire. On est prêts à mettre des millions dans une structure copilotée avec les ministères de la Santé et de l'Intérieur. Maintenant il faut saisir la main tendue", a-t-elle dit.

Depuis la mi-mai, les consommateurs de crack sont contenus par la police dans le jardin d'Éole, un lieu que les toxicomanes avaient l'habitude de fréquenter en journée avant de migrer 500 mètres plus loin, vers le quartier de Stalingrad, pendant la nuit. Le jardin public leur est désormais ouvert jusqu'à 1 heure du matin.

Chez les toxicomanes, peu d'espoir

"À 21 heures, je ne peux pas rentrer chez moi parce que c'est dangereux", a témoigné une voisine. "Nous avons de la compassion et de la colère, mais on est tous psychologiquement atteints."

"On se retient de passer à l'acte, on est à la limite de la violence", a ajouté un autre. Des riverains, en train de découper des tracts sur une table, ont rappelé qu'il y avait "30 établissements accueillant des enfants dans un rayon de 200 mètres", autour du jardin.

Les toxicomanes, eux, tenaient un discours plus désabusé aux élues. "Encore faut-il que j'aie la volonté, une adresse", a témoigné une femme, l'allure soignée dans son manteau rouge, tombée dans le crack il y a dix ans et qui assure n'avoir vu ses deux derniers enfants qu'au moment de son accouchement.

"C'est une perte de temps. La drogue j'en ai besoin tous les jours pour ma concentration", a ajouté un homme qui, à 69 ans, "n'y croit plus". "Mais les jeunes, oui, on peut les aider."

Rachida Dati "portera le sujet au Conseil de Paris et nous au gouvernement", a assuré Valérie Pécresse.

L. M. avec AFP