BFM Paris Île-de-France
Paris Île-de-France

Crack à Paris: Anne Hidalgo annonce saisir la Cour européenne des droits de l'Homme

Invitée de RMC-BFMTV, la maire de Paris, candidate à l'élection présidentielle a annoncé son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme sur le dossier du crack à Paris et sa gestion par la préfecture de police et le ministère de l'Intérieur.

"Ils n'assument pas la responsabilité". Invitée de RMC-BFMTV ce jeudi, Anne Hidalgo est montée au créneau sur les récents développements autour de la gestion des consommateurs de crack dans la capitale.

Mardi, le préfet de police a en effet annoncé le prochain déplacement des toxicomanes installés porte de la Villette vers un terrain SNCF dans le 12e arrondissement. Un nouveau déplacement que conteste la maire de Paris et le maire LR de la commune voisine de Charenton.

"Vous savez ce qui m'indigne et m'insupporte? C'est quand on m'a expliqué qu'il fallait laisser [les toxicomanes] et tous les trois mois changer de lieux: vous êtes en train de laisser là des dealers que personne ne vient interpeller", s'emporte Anne Hidalgo.

Saisine de la Cour européenne des droits de l'Homme

"Ils n'assument pas la responsabilité qui est la leur, poursuit-elle, ni sur la sécurité ni sur la réduction des risques. Ils ont essayé d'instrumentaliser le dossier contre moi, de me rendre responsable de cette situation. Ils se retrouvent avec tout le monde contre eux aujourd'hui parce que personne n'accepte cette façon indigne", s'agace Anne Hidalgo.

La maire de Paris entend désormais se tourner vers la justice européenne. "Nous allons saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, au nom de la mairie de Paris", annonce Anne Hidalgo. Cette saisine revêt deux axes.

"Un sujet de non prise en compte de la sécurité des riverains qui habitent à proximité de ces lieux de deal et de consommation et deuxièmement il y a une situation indigne qui n'a plus rien à voir avec le respect des droits humains sur le traitement de ces personnes toxicomanes", énonce la candidate socialiste à la présidentielle.

Des "stands de boulettes de crack sous les yeux de tout le monde"

Si elle est élue, Anne Hidalgo s'engage s'emparer du problème qui n'est pas aujourd'hui de sa "compétence", insiste-t-elle. L'actuelle maire de Paris s'en prend à la préfecture et au ministère de l'Intérieur qu'elle accuse de "déplacer le problème" et de montrer l'image de pouvoirs publics "impuissants".

"Avec moi présidente, les pouvoirs publics ne seraient pas impuissants. Je mènerais une véritable politique de réduction des risques et une politique de sécurité dans les quartiers où ces trafics ont lieu", indique la candidate qui accuse les autorités de laisser libres les dealers avec "leurs stands de boulettes de crack sous les yeux de tout le monde".

Elle plaide pour la création de structures d'accueil. "Les personnes qui sont toxicomanes elles vont dans un hôpital, elles sont suivies par des structures. Il faut des psychiatres, des personnels qui accompagnent dans une politique de réduction des risques", ajoute-t-elle.

https://twitter.com/caroleblanchard Carole Blanchard Cheffe de service BFM Régions