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Corbeil-Essonnes: que sait-on de l'origine des violences urbaines aux Tarterêts?

Vue d'une barre d'immeubles de la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes, le 20 mars 2020

Vue d'une barre d'immeubles de la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes, le 20 mars 2020 - Maryam EL HAMOUCHI © 2019 AFP

Le quartier est le théâtre d'affrontements entre des habitants et les forces de l'ordre depuis l'arrestation d'un jeune homme soupçonné de rodéo urbain jeudi. La mère du suspect, témoin de la scène, a reçu du gaz lacrymogène au visage, ce qui a mis le feu aux poudres.

Voilà cinq nuits que des violences urbaines éclatent dans le quartier des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (Essonne). Jets de projectiles, incendies de poubelles, tirs de mortiers, dégradation de caméras... les tensions entre les forces de l'ordre et certains résidents de ce quartier sensible se multiplient.

Dans la nuit de lundi à mardi, quatre policiers ont été blessés, tandis que quatre mineurs - âgés de 16 et 17 ans - ont été interpellés pour violences sur personne dépositaire de l'autorité publique et placés en garde à vue. Ce sont les premières arrestations depuis jeudi, date des premières tensions.

Une mère de famille gazée

Ce jour là, les forces de l'ordre effectuent une patrouille dans le quartier lorsqu'ils aperçoivent un jeune homme non casqué en motocross. Ce dernier, âgé de 23 ans, est connu des services de police. Ils échouent à l'intercepter mais décident de se rendre à son domicile. Ils le croisent en bas de l'immeuble et tentent de nouveau de l'interpeller.

Pendant que les fonctionnaires essaient de maîtriser le jeune homme, une femme sort d'un immeuble en criant. Il s'agit de la mère du suspect. Inquiète de voir son fils au sol, elle s'approche de la scène en courant. Un policier, resté debout pendant l'intervention de ses collègues, se retourne et l'asperge de gaz lacrymogène. La scène, filmée, devient rapidement virale sur les réseaux sociaux et met le feu aux poudres.

Une vidéo devenue virale

Quelques instants plus tard, le frère du suspect, jeune homme de 18 ans inconnu des services de police, tente de s'interposer. Selon nos informations, il profère alors des menaces de mort aux policiers. Il est également arrêté.

Les premières tensions éclatent le soir même avec des jets de cocktail molotov, de boules de pétanque et des tirs de mortiers. Elles se répètent les nuits suivantes, malgré l'arrivée en renfort de 50 à 60 CRS, et se répandent jusqu'à Grigny et Évry-Courcouronnes.

Le jeune homme et son frère ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire lundi, au terme de leur garde à vue. Ils seront jugés prochainement le 4 janvier: le premier pour rodéo urbain, le second pour menaces de mort et rébellion.

Une réunion citoyenne organisée lundi

Une réunion citoyenne s'est tenue ce même jour dans la cité des Tarterêts pour tenter d'apaiser le quartier. La mère du suspect, une association de mamans du quartier et la commissaire en charge de l'agglomération, Jennifer Lattay, y ont assisté, au même titre que le maire, Bruno Piriou, et d'autres élus locaux.

Dans une séquence publiée sur les réseaux sociaux, la policière affirme que "l'usage de la gazeuse aurait dû être évité". Mais, assure-t-elle, "en aucun cas le policier n'a gazé volontairement une mère de famille". Il était "dans l'intervention", a vu "quelqu'un approcher" et "n'a pas vu que c'était une maman", a-t-elle soutenu. Pour l'heure, le dialogue ne semble pas avoir encore porté ses fruits, en témoignent les affrontements survenus la nuit suivante.

Alexandra Gonzalez avec Florian Bouhot