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A Paris, la crainte de restrictions supplémentaires à la veille des nouvelles annonces d'Olivier Véran

Le ministre de la Santé doit prendre la parole jeudi alors que les indicateurs de surveillance de l'épidémie de Covid-19 ont atteint les critères pour passer en alerte maximale dans la capitale.

Paris est sur le fil du rasoir à quelques heures des nouvelles annonces du gouvernement. Dans la capitale, les chiffres de l'épidémie de coronavirus ont continué de se détériorier ces derniers jours, atteignant les critères théoriques pour faire basculer Paris en alerte maximale.

"Qu'on puisse vivre avec"

A la mairie, Anne Souyris, adjointe en charge de la Santé, dit craindre de nouvelles restrictions, comme à Marseille.

"Je ne sais pas si M. Véran va tout refermer. C’est possible qu’il referme tous les cafés et restaurants", a anticipé l'élue mardi sur BFMTV, appelant plutôt à "des sanctions réellement et définitivement" dans les établissements qui ne respectent pas les règles "pour qu'on puisse vivre avec" l'épidémie.

"L'idée de continuer à faire comme si ça n'existait pas, faire en sorte que dans les bars et restaurants, il puisse y avoir des rassemblements à plus de dix, qu'on puisse avoir en permanence des gens debouts dehors" n'est plus possible, met en garde l'élue.

259,6 cas pour 100.000 habitants

Selon l'adjointe à la Santé, il ne faut par ailleurs pas exclure la possiblité de périodes de reconfinement dans la région la plus peuplée de France.

"On va voir quelle est la courbe, si c’est une augmentation lente ou rapide", a expliqué au micro de BFM Paris l'adjointe à la mairie. "Selon ce qui va se passer, il va falloir ou pas arriver à un confinement", a-t-elle ajouté.

Dans la capitale, le taux d'incidence est désormais de 259,6 pour l'ensemble de la population, 132,9 chez les 60-69 ans. Quant au taux d'occupation moyen des lits de réanimation par des patients Covid-19 dans la région, il est de 32%.

"Les chiffres montent très nettement en réa en Ile-de-France. Deux indicateurs sur trois ont dépassé les taux marseillais. Au troisième, on passera de l'autre côté de la barrière", s'est inquiétée Anne Souyris, interrogée par l'AFP.

De nouvelles décisions jeudi

Sur BFMTV, l'adjointe à la Santé a pointé aussi du doigt les clusters en majorité "dans les écoles, collèges, lycées et universités". Elle appelle "à dédoubler les classes" ou encore à laisser ouverts les gymnases mais avec "des jauges et des possibilités d'aération".

De son côté, l'exécutif n'a fermé aucune porte à de nouvelles restrictions. "Jeudi, le ministre de la Santé et les membres du gouvernement compétents auront à s'exprimer et annoncer les décisions prises et les ajustements", a déclaré Emmanuel Macron depuis Riga, en Lettonie.

"Le gouvernement doit pouvoir prendre des mesures additionnelles nécessaires en fonction de l'évolution de l'épidémie et chaque mesure prise a un temps de vie de 15 jours parce que c'est le temps qui permet de voir son efficacité", a ajouté le président de la République.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions