Tailler une barbe parfaite : un exploit sur le fil du rasoir

Le visage est la première partie du corps que nous exposons en société. Bien sûr, il y a les vêtements. Et pour peu que ceux-ci soient idéalement coupés, fantastiquement brodés, alors un regard – envieux, rêveur, désireux – pourra très bien s’y attarder un instant (puis quelques instants de plus) mais il reviendra toujours, irrémédiablement, vers le visage. Car c’est dans celui-ci que se logent les fenêtres de l’âme (les yeux) et sur celui-ci que prospère une barbe évocatrice de toute la virilité dont l’homme a toujours su se faire le digne héritier.

Mais tout comme une chevelure se doit d’être bien coiffée, une barbe se doit d’être bien taillée. Un rasoir, une tondeuse, un sabot, quelques huiles adaptées aux vertus épidermiques certaines… avec un tel attirail, on doit sans doute être rôdé ! Eh bien non. Car une barbe sans défauts, sans pointes, sans zones clairsemées, est le fruit d’un travail de longue haleine.

Tailler sa barbe

Le rasoir, cheval de bataille pour une coupe nette

On peut acheter un rasoir aux qualités nombreuses, en exploiter les tranchants jusqu’à l’usure la plus totale, et ne jamais rien en tirer de bon. L’Homme (avec un grand H) ne manque pourtant pas de créativité lorsqu’il s’agit de sortir – droit des fourneaux – un objet au design hallucinant, à l’efficacité redoutable, conçu dans des matières aussi nobles que doit l’être l’apparence d’un gentleman.

De la résine au chrome, à l’ivoire et au carbone en passant par tous les accessoires électriques et non électriques (le blaireau) qui les accompagnent, chaque rasoir révèle de son propriétaire son caractère et son style.

Et aussi bonne soit leur lame, le moindre tressaillement dans l’action ne fera qu’accentuer l’amertume de votre défaite. Un trou béant au niveau de la joue, des irrégularités évoquant – curieusement – les formes que font les vagues lorsqu’elles expirent sur les plages, des saignements à ne plus en finir (puisqu’on vous dit qu’une lame peut être très bonne !)… En un mot plutôt qu’en cent, un rasoir est une arme puissante qui se retournera contre vous si vous n’en faites pas bon usage.

Donc, comment en faire bon usage ?

Un maître-mot : le diagnostic

Fotolia_89101160_Subscription_Monthly_M (1).JPG

Les barbes sont comme les arbres : elles ne poussent pas toutes de la même manière, n’ont pas toutes le même aspect, ne présentent pas toutes les mêmes intérêts. Par ailleurs, s’agissant d’un élément du visage, elle peut aussi être un atout pour celui-ci. Votre visage est plutôt rond et cela vous gêne ? Des pattes allant de vos oreilles à votre bouche, avec un menton inférieur dégarni, sauront dessiner les reliefs de cette mâchoire que vous aimeriez tant rendre apparente…

C’est un exemple, mais des exemples, il y en a pléthore. L’essentiel à retenir dans tout cela : faire un diagnostic. Certains experts d’ailleurs, vous en expliquent les tenants et les aboutissants. Pour commencer, placez-vous devant votre miroir. Observez ce duvet fin, épais, hirsute, lisse ou quasi inexistant… qu’importe l’apparence. Observez-le. Laissez au rasoir le temps de se reposer. Vous le dégainerez bien assez tôt.

Vous noterez bien vite quelques imperfections. Un premier regard (un regard inexpérimenté) pourrait ne pas disposer de la lucidité suffisante. C’est à force d’observations, et à force d’habitude, que les problèmes nous sautent aux yeux. Là où, pour commencer, il n’y avait qu’un drôle d’amas enchevêtré, on se prend soudain à comprendre l’asymétrie des choses. L’indiscipline latente du poil.

Ce peut devenir une obsession. Ce peut devenir une question de vie ou de mort. Comment tailler ma barbe jusqu’à ce que plus le moindre poil ne dépasse ?

Une technique : aligner l’ensemble de la barbe sur la zone moins garnie

C’est une question de logique pure. Si la partie inférieure droit de votre menton manque de poils, alors laisser proliférer le reste risque de ne faire qu’agrandir l’écart de densité entre ces différentes zones. Pour une taille homogène, préférez positionner votre rasoir, sur cette partie dégarnie, sans en découper une miette et utiliser sa taille comme référence pour le reste de votre visage.

Mais pour qu’un homme ait fière allure, il faut également souvent que les extrémités de sa barbe soient soignées de façon méritante : les contours ; vous savez, ceux qui vous jusqu’aux oreilles, qui descendent jusqu’à la pomme d’Adam… ceux qui imprègnent les millimètres entre vos narines et l’air libre du monde extérieur : mieux vaut, pour ces parties, utiliser un ustensile, tel un peigne, que l’on utilisera pour élaguer le poil de la manière la plus adéquate.

Car un rasoir, s’il coupe et tranche nettement, n’épargne pas les poils les plus courts. Or les poils courts peuvent être à la fois élégants à porter et agréables à entretenir, puisqu’ils ne nécessitent pas l’utilisation d’huiles essentielles complexes, dont le rôle principal reste d’hydrater les longues masses pileuses et les épidermes étouffants sous ces chapes.

À ne pas négliger : la moustache

Si vous décidez de ne laisser qu’une moustache apparente sur votre visage, alors cette-ci devra être irréprochable. Les formes que l’on peut lui donner sont infinies : elles vont des plus farfelues, rebiquant sur les pointes à l’aide d’une cire pour barbe spéciale, aux plus neutres avec un poil très court et peu étendu sur la surface de la lèvre supérieure.

En définitive, si la mobilisation des savoirs d’un expert est un excellent recours à vos ambitions barbues, le self-made s’invite – aujourd’hui – toujours plus à la fête et les tutoriels ne manquent pas pour apprendre à maîtriser les précieux outils qui nous aident à devenir des hommes. Car ne l’oublions pas : chaque geste compte !