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Rivières et fleuves en crue: comment les territoires se préparent à faire face

Crue de la Seine.

Crue de la Seine. - BFMTV

Des plans d'évacuation sont prévus tant à l'échelon local que départemental pour prévenir les conséquences des crues. Mais il est possible aussi d'agir sur la cause, grâce aux bassins de retenue des eaux.

"Il nous faut rester humbles face à la colère de la nature", avertit François Duquesne, joint par BFMTV.com. Le directeur de Vigicrues tient à faire passer un message de prudence face à la montée préoccupante du niveau de certains cours d'eau. Une hausse qui va "se poursuivre jusqu'à la fin de la semaine", selon le spécialiste de ces phénomènes.

Les régions sont-elles armées pour faire face à ces inondations en grande partie prévisibles? Le directeur de Vigicrues répond par l'affirmative. Il évoque dans les communes les plans de prévention des risques d'inondation, tandis que les préfets ont au niveau départemental la responsabilité de prévention des risques majeurs.

L'anticipation est le maître mot

"On connaît les zones en jeu, celles qui sont les plus vulnérables, ce qui permet au moins aux préfets de programmer l'évacuation et la mise en sûreté de certains bien", détaille François Duquesne. De surcroît, fait-il remarquer, "les crues actuelles sont lentes, ce qui permet d'anticiper".

Vigicrues rappelle que le niveau d'alerte jaune correspond sur "l'échelle des risques" aux "premiers débordements". Et que le niveau orange induit "l'évacuation de quelques centaines de personnes en prévision de quelques dommages sur les biens". Quant au rouge, il s'agit bien sûr d'une crue majeure.

"Laminer" les ondes de crues

Hormis la mise en sûreté des personnes et des biens, il est possible d'agir en amont - au sens propre comme au figuré - des crues. François Duquesne rappelle l'exemple des "retenues Seine Grands Lacs pour l'Ile-de-France". Il s'agit de réservoirs permettant de différer l'écoulement des eaux pour limiter les effets d'une crue. Ce qui s'appelle aussi dans le jargon de la profession "tamponner la pluie".

Ces "dispositifs de laminage ou écrêtage", permettent par exemple "sur Paris, de faire en sorte que l'onde de cure de la Seine et celle de la Marne n'arrivent pas en même temps en aval". Après, précise le spécialiste, "on ne peut pas retenir l'eau ad vitam aeternam". Mais le procédé permet de limiter autant que faire se peut les dégâts.

A Paris, la situation est déjà critique. Les voies sur berge sont inondées et la navigation est interdite sur la Seine depuis dimanche. La montée des eaux est "progressive mais sensible dans la capitale". Un niveau d'eau compris entre 4,60 et 5,10 mètres est attendu d'ici à la fin de la semaine. Car entre-temps, les pluies vont continuer, avec des précipitations particulièrement soutenues sur un grand quart nord-est. "Les bassins en amont de la Marne et en amont de l'Yonne devraient réagir", prédit François Duquesne. Quant à la rumeur qui veut que l'on inonde une partie de la Bourgogne pour épargner la capitale, ce n'est là que "légende urbaine".

David Namias