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Les épisodes de pollution sont partis pour durer et se multiplier

Paris sous une purée de pois polluée.

Paris sous une purée de pois polluée. - AFP

Les épisodes de pollutions sont à la fois fréquents et plus longs. Si les conditions météorologiques expliquent cette conjoncture, la pollution chronique ne doit pas être négligée.

a-t-il falloir s'habituer à respirer la pollution sur de plus longues périodes que par le passé? En décembre 2016, Paris et sa banlieue ont fait face au plus long épisode de pollution depuis une dizaine d'années.

Ce mardi et mercredi, la circulation différenciée a été reconduite à Paris tandis que des restrictions de circulation sont également en vigueur à Grenoble, à Lyon ou Villeurbanne. Tout cela tandis qu'il neige des particules fines en Essonne. Le phénomène, plutôt rare, intervient quand les particules fines deviennent un noyau de condensation créant ainsi des cristaux de glace qui se transforment en flocons.

> Pourquoi les épisodes de pollution sont-ils plus nombreux?

Depuis 2012, les "seuils d'alerte" ont été abaissés indique Atmo France, la Fédération des associations de surveillance de la qualité de l'air. Mécaniquement, le nombre de dépassements est plus important. Le but "est de communiquer davantage sur la pollution de l'air", explique la fédération.

> Pourquoi les épisodes de pollutions sont particulièrement longs?

Si, particulièrement cette année, les épisodes de pollutions ont été plus longs qu'à l'accoutumée, le niveau de particules fines présentes dans l'air restant élevé pendant des périodes prolongées, c'est "en raison des conditions météorologiques". L'anticyclone agit comme "une chape de froid" qui empêche les particules d'être "dispersée".

> Pourquoi les pics de pollutions ne sont pas le seul paramètre à prendre en compte?

Paradoxalement, "la qualité de l'air s'est améliorée ces 30 dernières années", explique Atmo France. La pollution a toutefois changé de nature. "Une pollution liée à l'agriculture, au chauffage et à la circulation automobile a pris le pas sur une pollution industrielle."

Mais en dehors de pics de pollution particulièrement médiatisés, "l'exposition chronique est plus néfaste à long terme", note l'expert. "Il n'y a pas seuil en deçà duquel il n'y a pas d'effet sur la santé", assure Atmo France. 

Si les mesures opportunes comme la circulation alternée ou différenciée peuvent produire leurs effets, "il faudrait des mesures structurelles de rénovation des équipements de chauffage et de reports modaux sur des transports moins polluants avec des incitations réelles permettant de les utiliser dans de bonnes conditions".

Autre problème et pas des moindres, "l'acceptabilité sociale" des mesures attentatoires à la liberté de déplacement face aux impératifs de préservation de la santé publique, n'est pas très élevée. "Si en 2015, une étude d'Airparif, association chargée de contrôler la qualité de l'air sur Paris, montrait une efficacité de la mesure, son non-respect a montré cette année les limites de la circulation différenciée."

David Namias