BFMTV

La Seine à 5,61 mètres ce matin, le pic de crue attendu ce week-end

Le niveau des eaux de la Seine continue de monter à Paris et dans tout le bassin du fleuve. La Marne bat son record de 2001, et près de 400 Franciliens ont déjà été évacués de leurs domiciles. Mais le pire reste à venir puisque le pic de la crue aura lieu ce week-end, avec plus de 6 mètres attendus par endroits.

La Seine qui continue inexorablement de monter, devrait atteindre son plus haut niveau durant le week-end. Dans l'attente, riverains et pouvoirs publics s'organisent pour éviter tout dégât majeur. Navigation interdite, péniches et musées sous surveillance, des mesures de précaution ont déjà été prises en Ile-de-France où 395 personnes ont été évacuées, principalement dans le Val-de-Marne. Un millier de foyers sont privés d'électricité. 

La pluie particulièrement abondante ces dernières semaines a repris jeudi après une accalmie, mais cela ne devrait pas changer les prévisions de crue de la Seine, selon Vigicrues.

Dépassement des 6 mètres ce week-end

"On attend le maximum de crue ce week-end, avec une hauteur entre 5,80 mètres et 6,20 mètres", a précisé Bruno Janet, expert de l'organisme de surveillance des crues. Un niveau comparable à juin 2016 (6,10 mètres) mais très loin de la crue historique de 1910 (8,62 mètres).

Vendredi matin, à 5h10, le niveau de la Seine atteignait 5,61 mètres au Pont d'Austerlitz. Toute la nuit, le niveau a régulièrement augmenté et cela devrait continuer.

Au niveau national, treize départements étaient encore vendredi matin en vigilance orange crues-inondations, principalement autour du bassin de la Seine, et dans une moindre mesure de la Saône. 

La Marne, principal affluent de la Seine, a dépassé de 30 centimètres son record de 2001, à 5,58 mètres. A Noisy-le-Grand, où un couple avec enfant a dû se réfugier dans un gymnase, la Marne n'était pas montée à ce niveau depuis 40 ans. 

Jeudi, à Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne, une des communes les plus touchées au confluent de l'Yerres et de la Seine, une eau maronnasse où flottent des déchets a envahi les rues de certains quartiers. En bateau à moteur, la brigade fluviale aide les habitants à récupérer des affaires chez eux. Quelque 150 habitants de cette zone sont hébergés dans un gymnase, selon la préfecture.

>> La carte des zones inondables de Paris selon plusieurs niveaux de crue, ci-dessous, peut mettre du temps à charger. Si elle ne s’affiche pas correctement, cliquez ici.

Repli éventuel des ministères sur des sites de secours

Le tronçon central de la ligne C du RER à Paris est fermé au moins jusqu'au 31 janvier. Sur les voies de la station Musée d'Orsay, des agents de la SNCF démontaient jeudi les dispositifs électriques des aiguillages pour les protéger de l'eau qui remonte du sous-sol. "Au plus fort de la crue, on va pomper jusqu'à 10.000 mètres cubes d'eau par heure", explique Daniel Gardeux, un responsable du réseau régional SNCF.

Les musées du Louvre et d'Orsay ont pris leurs précautions pour protéger les oeuvres.

Face à la montée des eaux, les ministères se préparent à un repli éventuel sur des sites de secours. Les propriétaires de péniches s'inquiètent et les Voies navigables de France ont interdit la navigation notamment sur toute la Seine amont, Paris inclus, laissant ainsi les Bateaux-Mouches au chômage technique.

Dans les jours qui viennent, d'autres communes, comme Créteil, ou des zones en aval de Paris pourraient être touchées "au fur et à mesure de la montée des eaux", a indiqué Marc Mortureux, directeur de la prévention des risques au ministère de la Transition écologique.

Jusqu'à la semaine prochaine

Le point maximum de la crue attendu pour le week-end sera probablement "très plat, progressif" et il est donc "probable que le niveau de la Seine reste assez haut pendant encore plusieurs jours la semaine prochaine", a-t-il précisé.

L'Yonne était toujours confrontée jeudi à des "crues importantes" selon la préfecture, précisant que la décrue était ralentie par les nouvelles précipitations. 

Autre point d'attention: la Saône, qui voit arriver les eaux du Doubs, placé lundi en vigilance rouge. A l'origine de ce phénomène, des précipitations importantes, sur des sols gorgés d'eau. Le bimestre décembre-janvier est ainsi l'un des trois les plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo France.

David Namias avec AFP