BFM Marseille

TER Marseille-Nice: la privatisation de la ligne actée, l'exploitation confiée à Transdev

L'hémicycle du conseil régional de Paca à Marseille, en 2010 (illustration)

L'hémicycle du conseil régional de Paca à Marseille, en 2010 (illustration) - GERARD JULIEN / AFP

Réuni en séance plénière ce jeudi matin, le conseil régional a attribué l'exploitation de la ligne TER Marseille-Nice à l'opérateur privé Transdev, au détriment de la SNCF. Une première en France.

C'est historique. Le conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d'Azur, réuni en séance plénière, a voté ce jeudi matin en faveur de la privatisation dès 2025 de la ligne TER Marseille-Toulon-Nice, historiquement exploitée par la SNCF. C'est la première fois que l'exploitation d'une ligne TER est attribuée à un opérateur privé en France.

Le contrat qui sera effectif à partir de juillet 2025 porte sur 10 ans et 870 millions d'euros et impose à l'opérateur privé Transdev de doubler le nombre d'allers-retours quotidiens sur la ligne de 7 à 14.

Fruit de la fusion en 2011 de Transdev et Veolia Transport, Transdev transporte 11 millions de passagers au quotidien, par autobus, cars ou trains. En Allemagne, le groupe est devenu le numéro deux du ferroviaire depuis la fin du monopole de la Deutsche Bahn en 1994.

"Une étape historique"

"C'est une étape historique et une première en France", s'est félicité le président de Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Renaud Muselier (Les Républicains), sa région étant la première à se conformer au droit européen qui impose la mise en concurrence du trafic ferroviaire pour toutes les régions à partir de décembre 2023.

Les élus ont adopté à la majorité absolue l'exploitation de la ligne Marseille-Toulon-Nice par Transdev. Seul le Rassemblement national a voté contre, estimant "ces mises en concurrence trop précipitées". Conséquence de son retrait entre les deux tours des élections régionales en juin, afin d'éviter la victoire potentielle du RN, la gauche est absente de l'hémicycle régional.

Les lignes "Azur" confiées à la SNCF

La SNCF n'a pas tout perdu, la région lui a confié l'exploitation des lignes "Azur", incluant les liaisons entre Les Arcs/Draguignan (Var) et Vintimille (Italie), ainsi que les lignes Nice-Tende et Cannes-Grasse (Alpes-Maritimes), où l'entreprise publique était seule en lice.

Ce deuxième lot, estimé à 1,5 milliard d'euros (23% du trafic régional), a également été concédé pour 10 ans, à partir de décembre 2024. Mais la SNCF l'a conservé via une filiale, a regretté jeudi Ali-Jean Boulam, secrétaire régional FO, dénonçant le "morcellement" de l'opérateur historique face à une ouverture à la concurrence, avec un risque pour les agents de perdre leur statut.

A l'appel de la CFDT, de Sud et de FO, quelque 200 cheminots munis de fumigènes ont manifesté jeudi devant le conseil régional, dénonçant, comme Mathieu Inaudi, "ce démantèlement du service public depuis des années": "On fait exprès de le casser pour défendre la concurrence", a dénoncé le syndicaliste CFDT, "triste, en colère et inquiet". Un second rassemblement, à l'appel de la CGT, est prévu vendredi

Louis Chahuneau avec AFP