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Privatisation du TER Marseille-Nice: les cheminots appellent à manifester

Alors que le conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d'Azur a acté ce jeudi matin la privatisation de la ligne, plusieurs syndicats de cheminots, ont appelé à manifester dès 11h ce jeudi puis vendredi. Ils s'inquiètent notamment des conséquences de cette décision en termes de suppressions de postes.

C'est une première. Le conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d'Azur a voté ce jeudi la privatisation dès 2025 de la ligne TER Marseille-Toulon-Nice, historiquement tenue par la SNCF, et confié son exploitation à Transdev.

Avant même ce vote, plusieurs organisations syndicales avaient appelé à manifester. La CGT et l'UNSA manifesteront vendredi devant le conseil régional, plusieurs autres organisations comme la CFDT PACA manifestent dès 11 heures ce jeudi devant l'hôtel de la région.

Inquiétudes chez les cheminots

Les syndicats de cheminots s'inquiètent des conséquences de cette privatisation, notamment en termes de suppressions de poste. En effet, c'est la première fois en France qu'une ligne TER est confiée à un opérateur privé, en l'occurence Transdev. Une petite révolution dont se félicitent les élus de droite, comme le président de la région Renaud Muselier (LR), mais qui inquiète les cheminots.

"L'ouverture à la concurrence dans tous les autres pays a montré ses limites, puisque l'Angleterre a été le premier pays a libéraliser son réseau, avant de le renationaliser quelques années après puisqu'il y avait d'énormes problèmes avec des voies très dégradées", pointe sur BFM Marseille-Provence François Tejedor, secrétaire général du secteur fédéral des cheminots CGT PACA.

Le syndicaliste fait également la comparaison entre le marché du transport à celui de l'énergie, libéralisé depuis 2007, et actuellement soumis à une forte hausse des prix. De son côté, la région a assuré que cette décision n'affecterait pas le prix des billets.

Le contrat entre la région et Transdev porte sur 10 ans et 870 millions d'euros. Avec cette offre, le trafic doit être doublé dès 2025 passant de 7 allers-retours quotidiens à 14. En revanche, seuls 166 agents de la SNCF devraient être transférés chez Transdev.

Par Manon Mugica et Louis Chahuneau