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Marseille: les urgences de la Timone se préparent à trier les patients, les soignants inquiets

Les urgences accueillent en moyenne 250 patients par jour mais le nombre de médecins est moins nombreux en cette période estivale.

Vers une situation critique au mois d'août? Depuis vendredi dernier, une tente a été installée devant l'entrée des urgences adultes de l'hôpital la Timone à Marseille. Ce dispositif, en collaboration avec les marins-pompiers de la cité phocéenne, n'a pour le moment pas été activé.

"C’est un dispositif de crise en collaboration avec les marins-pompiers pour ceux qui arrivent à pied. C’est un centre de tri et d’orientation pour privilégier les patients qui relèvent vraiment de l’urgence; ce dispositif peut être déclenché à tout moment", explique l'AP-HM.

5 médecins contre les 9 habituels

En cette période estivale, le manque d'effectif se fait ressentir dans cet hôpital marseillais où 250 patients sont accueillis en moyenne par jour aux urgences adultes. Au micro de France Bleu Provence, Céline Méguerditchian, cheffe de ce service, explique que, si habituellement neuf médecins s'occupent des traumas, ils ne sont actuellement que cinq (quatre urgentistes et un orthopédique).

Avec des effectifs réduits, la situation pourrait donc s'aggraver au moins d'août. Mais la tente de tri n'est pas forcément une bonne solution, notamment pour le syndicat Sud Santé qui émet quelques réserves.

"L'inquiétude des soignants est de savoir qui sera sous cette tente, quel sera le personnel. Il paraît évident de dire que ce n'est pas le personnel hospitalier que l'on pourra mettre sous cette tente", explique Kevin Bardi, porte-parole du syndicat Sud Santé, au micro de BFM Marseille Provence.

Hausse des appels au Samu

Du côté du Samu, les appels d'urgence se multiplient également depuis le début de l'été. Les professionnels appellent au bon sens pour ne pas engorger les urgences en cette période délicate.

"Essayer de comprendre qu'il y a certains maux qui peuvent être solutionnés par autre chose que les urgences. Une piqûre de méduse... Des bobos de tous les jours qui peuvent très bien être soignés par le médecin traitant", détaille le docteur André Puget, directeur du Samu des Bouches-du-Rhône.

Les urgences de la cité phocéenne ne sont pas les seules à être à bout de souffle, ce problème concerne l'ensemble de l'Hexagone. Une enquête menée par le syndicat Samu Urgences de France affirme que de très nombreux établissements hospitaliers sont obligés de fermer leurs services d'urgences, faute de moyens.

Lola Baille avec M.L.