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Marseille: la "banalisation" des attaques au couteau

Déjà 8 morts après des attaques au couteau à Marseille depuis le début de l'année. Une forme de banalisation qui inquiète les forces de l'ordre.

Au moins 8 morts après des attaques au couteau à Marseille depuis le début de l'année. Et les agressions à ce genre d'arme se succèdent. Ce jeudi, un homme a été agressé dans un centre de vaccination à Marseille.

Les motifs de ces agressions sont divers: un regard, une cigarette ou une altercation. Ces violences "non crapuleuses" ont augmenté de 20,21% en 2020 par rapport à l'année précédente. Depuis le début de l'année, au mois 18 faits divers impliquant des couteaux ont été recensés.

"On peut s'en procurer n'importe où"

Les syndicats de police constatent un présence quasi systématique de couteaux lors d'arrestation. Rudy Manna secrétaire départemental du syndicat Alliance police dans les Bouches-du-Rhône, explique qu'"aujourd'hui le couteau est un arme qui permet de tuer des gens. On s'en rend compte aujourd'hui, et ça commence à devenir très inquiétant".

"Dans le centre-ville de Marseille il y a beaucoup d'individus qui ont des couteaux. Les collègues policiers me le disent, chaque fois qu'ils font un contrôle des individus ont des couteaux sur eux, c'est assez systématiques", explique sur BFM Marseille le syndicaliste policier.

"Le couteau, on peut s'en procurer n'importe où et par n'importe quel moyen. C'est d'une facilité de terroriser ou en tout cas de mettre à mal un individu avec un couteau", ajoute Rudy Manna.

15.000 euros d'amende et un an de prison

En février dernier, la préfète de police des Bouches-du-Rhône alertait sur cet usage de couteaux, lors de l’annonce des chiffres de la délinquance. "Tout le monde peut-être concerné sur des choses assez banales de la vie, qui peuvent parfois se terminer en drame, indiquait sur France Bleu Frédérique Camillerie. Parce qu'on a des gens qui portent des armes, notamment des couteaux sur eux"

"On peut considérer qu'il y a une banalisation mais elle date de plusieurs mois, voire plusieurs années. Il y en a de plus en plus", ajoute Rudy Manna.

Le port et le transport d’une arme de catégorie D est interdit sans motif légitime ; ces infractions sont passibles d’une amende de 15.000 euros et d’une peine d’un an d’emprisonnement. Néanmoins selon le syndicaliste, le port d'arme prohibé pour un couteau n'est "jamais très sévèrement sanctionné".

Nicolas Dumas