BFM Lyon

"Second souffle": en immersion avec les soignants lyonnais, épisode 5

BFM Lyon vous propose une série de reportages, en immersion avec les soignants lyonnais mobilisés contre le Covid-19. Ce vendredi, notre dernier épisode est consacré à la reconstruction physique et psychologique après la maladie.

Soufiane Belgharbi ne boude pas son plaisir. Le quadragénaire savoure le simple fait de pouvoir marcher en extérieur, de sentir la brise sur son visage. Cela faisait cinq semaines qu'il était alité dans un hôpital lyonnais, dont 14 dans le coma.

"Je revis un peu", témoigne-t-il. Derrière son masque chirurgical, il sourit: "Ça fait bizarre" et en même temps "ça fait plaisir".

Le patient est désormais hors de danger. Soufiane Belgharbi s'attèle désormais à retrouver la forme à l'hôpital Henry-Gabrielle, à Saint-Genis-Laval. À "se reconstruire".

"Un bébé avec une conscience d'un homme de 47 ans"

"C'est exactement le mot: se reconstruire, remarque le patient. Parce que quand je me suis réveillé, j'étais incapable de me déplacer. Même de bouger un bras, d'écrire un SMS, c'était compliqué."

Il a même dû réapprendre les gestes les plus élémentaires, comme boire de l'eau ou manger. Au point de se sentir comme un "bébé avec une conscience d'un homme de 47 ans". Car le Covid-19 laisse des séquelles sur le corps des patients.

"14 jours allongé, ça veut dire que le patient fond au niveau musculaire, fait remarquer Sébastien Mateo, kinésithérapeute et docteur en neurosciences. Si le patient était allongé, ce n'était pas par plaisir: c'est parce qu'il avait besoin qu'on l'aide pour respirer. Il y a une double problématique: l'essoufflement et le déconditionnement cardiorespiratoire et refaire du muscle pour retrouver une activité normale". Pour cela, la pratique du vélo est un bon allié.

Des résultats encourageants

Depuis le début de la crise, une soixantaine de patients ont pu procéder à leur rééducation dans les locaux de l'hôpital Henry-Gabrielle. Les résultats sont encourageants.

"Globalement, la grande majorité de ces patients ont retrouvé leur autonomie, leur domicile, leur niveau d'activité, relève le Pr Jacques Luauté, chef du service médecine physique et réadaptation de l'établissement. Il y a une fatigue qui persiste vraiment assez longtemps", note-t-il cependant.

Outre l'épuisement physique, les médecins relèvent dans certains cas la persistance de "conséquences psychologiques". Sur ce plan-là également, les patients en convalescence doivent également se reconstruire.

Cette semaine, retrouvez chaque jour un nouvel épisode de notre série de reportages en immersion avec les soignants lyonnais.

Pour retrouver l'épisode 1 de notre série, intitulé "Tension en réa", cliquez ici.

Pour retrouver l'épisode 2 de notre série, intitulé "Tous au front", cliquez ici.

Pour retrouvrer l'épisode 3 de notre série, intitulé "Derrière les masques", cliquez ici.

Pour retrouver l'épisode 4 de notre série, intitulé "Garder du lien", cliquez ici.

Hugo Francés avec Florian Bouhot