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Rodéos urbains à Lyon: trois Daltons condamnés à des peines allant jusqu'à six mois de prison ferme

Ils comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Lyon ce vendredi pour avoir participé le 23 octobre dernier à un rodéo urbain.

Les Daltons à nouveau confrontés à la justice. Trois membres du collectif de rappeurs lyonnais ont été condamnés ce vendredi à des peines allant de six mois de prison avec sursis à 12 mois de prison dont six avec sursis, par le tribunal correctionnel de Lyon.

Ils comparaissaient pour avoir participé à un rodéo urbain dans la métropole lyonnaise le 23 octobre dernier. Ce jour-là, ils avaient été interpellés dans une zone commerciale de Bron. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'était lui-même réjouit sur son compte Twitter de leur arrestation. À l'audience, la procureure a dénoncé un comportement "parfaitement irresponsable".

"On stoppe la circulation, on s'approprie la route, on publie la vidéo, il faut que ce comportement cesse", s'est-elle insurgée.

Les peines retenues contre les trois Daltons sont disparates. L'un d'entre eux a été condamné à six mois de prison avec sursis, une peine plus clémente que celle demandée par la procureure.

Un autre Dalton a lui été condamné à quatre mois de prison ferme et 12 mois de prison au total. Il lui est reproché d'avoir filmé et participé au rodéo sauvage de Bron. Âgé de 20 ans, celui qui vient de décrocher un CDI de mécanicien, a été jugé provocant dans son attitude, ce qui a déplu au cours du procès.

Le troisième Dalton était lui déjà en prison et va y rester. Il a été condamné à 12 mois de prison dont six avec sursis. Il est accusé d'avoir participé à l'organisation du rodéo urbain du 23 octobre dernier.

"Une décision politique"

Parmi les trois individus présentés devant le tribunal, un seul d'entre eux avait jusqu'alors, un casier judiciaire, pour des délits routiers.

L'avocat d'un des trois Daltons, maître David Metaxas, a jugé les peines sévères, allant même jusqu'à dénoncer une "décision politique”.

"Les faits qu'ils ont commis ne justifient absolument pas qu'ils soient en détention, les casiers judiciaires non plus. En fait, ils sont en détention parce qu'ils ont porté l'uniforme des Daltons. J'ai essayé de faire en sorte que la justice lyonnaise prenne du recul par rapport à ça, ce n'est pas le cas", a-t-il regretté.

L'avocat a essayé de défendre son client, en affirmant notamment que "n'importe qui" peut être considéré comme un Dalton.

"Il suffit d'enfiler la tenue pour être catalogué", a-t-il dénoncé.

Le collectif de rappeurs lyonnais est connu dans la ville pour ses nombreux rodéos urbains et ses provocations envers la police. Gérald Darmanin avait demandé dernièrement, la fermeture de leur compte Instagram.

Dernier fait en date des Daltons, trois membres du groupe sont poursuivis pour avoir utilisé des mortiers d'artifices contre les forces de l'ordre ce mercredi lors d'une manifestation contre la venue de Jordan Bardella à la Guillotière.

Amélie Duchampt avec Gauthier Hartmann et AFP