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"Ouvrez les facs!": les étudiants manifestent à Lyon

Entre 700 et 2000 étudiants, selon la police et les syndicats, ont exprimé leur détresse ce jeudi à Lyon après des mois de restrictions sanitaires et deux récentes tentatives de suicide dans la ville.

"On est les seuls à rester confinés": entre 700 et 2000 étudiants, selon la police et les syndicats, ont exprimé leur détresse ce jeudi à Lyon après des mois de restrictions sanitaires et deux récentes tentatives de suicide dans la ville.

"Ça fait depuis octobre qu'on ne sort pas, contrairement aux gens qui travaillent ou aux plus jeunes qui vont à l'école, au collège, au lycée", souligne Laura dans le cortège.

"C'est dur de se dire que notre dernier semestre, il va encore falloir le faire en distanciel", ajoute l'étudiante de 22 ans, en troisième année de droit et sciences politiques à Lyon 3.

À trois jours d'intervalle, le 9 et le 12 janvier, un étudiant et une étudiante de cette université ont tenté de mettre fin à leurs jours en se défenestrant, le premier se blessant grièvement, des camarades ayant empêché la seconde de passer à l'acte.

"Ça fait de la peine de voir que certains arrivent au bout de leur vie parce qu'on est délaissé", estime Laura.

"Les étudiants souffrent depuis le premier confinement, y a eu pas mal de cas psychologiques, beaucoup de précarité, et ces deux tentatives de suicide récemment", abonde Pablo, 22 ans, en master Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation (MEEF).

"Ça a permis de libérer la parole entre nous, certains se sont dévoilés en disant qu'ils vivaient très mal la période", relève-t-il, "mais c'est assez révoltant quand on voit que le gouvernement ne fait rien".

Reprise un jour par semaine

Au cours d'un échange avec des étudiants à l'université de Paris-Saclay (Essonne), le président Emmanuel Macron a annoncé jeudi qu'il serait bientôt possible de retourner suivre des cours en présentiel un jour par semaine dans des amphis, avec une jauge limitée à 20%.

Jusqu'à présent, seuls les étudiants de première année devaient reprendre, par demi-groupes, les travaux dirigés en présentiel à partir de lundi.

Pour Chloé, 23 ans, en master de droit, "un jour par semaine c'est pas du tout suffisant, ce qu'on veut c'est une reprise une semaine sur deux, comme on faisait avant".

"Si les lycées et les collèges restent ouverts, pourquoi est-ce que les facs pourraient pas rouvrir ?", abonde Quentin, 21 ans, en master relations internationales.

Le chef de l'Etat a annoncé également l'instauration de deux repas par jour au prix d'un euro, pour tous, dans les restaurants universitaires, et d'un "chèque psy" permettant aux étudiants en situation de mal-être de pouvoir consulter et suivre des soins.

"Les psychologues, c'est une solution de repli, c'est pas une vraie solution", a commenté Laura.

D'autres manifestations étaient prévues jeudi en Auvergne-Rhône-Alpes, en décalage d'une journée d'action nationale la veille.

C.Bo. avec AFP