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Lyon: une dizaine de maires de la Métropole interpellent Castaner sur la fermeture de commissariats

Le ministre de l'Intérieur  Christophe Castaner, quitte l'Elysée le 17 juin 2020

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, quitte l'Elysée le 17 juin 2020 - GONZALO FUENTES © 2019 AFP

Dans un courrier adressé au ministre de l'Intérieur, onze élus pointent ce jeudi le danger de la fermeture de commissariats de la banlieue lyonnaise et craignent une recrudescence de la criminalité.

Les maires de la Métropole sont pour le moins préoccupés. La fermeture "imminente et actée" de nombreux commissariats du territoire au profit de "super commissariats" basés dans le centre de Lyon et à Villeurbanne aurait "des effets dévastateurs", craignent-ils. Ils sont onze en tout à interpeller ce jeudi Christophe Castaner sur cette question dans un courrier, signé par les maires de Tassin-la-Demi-Lune, Caluire-et-Cuire, Décines-Charpieu, Saint-Priest, Pierre-Bénite, Grigny, Oullins, Meyzieu, Francheville, Sainte-Foy-lès-Lyon et Rillieux-la-Pape.

Ils demandent au ministre de l'Intérieur de leur accorder un rendez-vous à l'occasion de son passage à Saint-Cyr au Mont-d'Or, ce vendredi.

Les "super commissariats", insistent les signataires de la lettre, seront centralisés et donc "en déconnexion avec de vastes territoires". Les élus assurent déjà manquer de "plus d'une centaine d'effectifs de Police Nationale" et perçoivent la création des "super commissariats" comme une mise à l'abandon des "villes populaires de la périphérie lyonnaise aux délinquants et aux trafiquants qui font déjà vivre un véritable enfer" aux administrés.

Des messages dissonants

"Les semaines qui s’achèvent ont été éprouvantes pour les Français, déroulent les onze maires signataires. A un confinement soudain et long s’est ajoutée une très forte dégradation de la situation sécuritaire avec une flambée du nombre des rodéos de deux roues sur le territoire de la Métropole de Lyon ainsi que de brusques embrasements dans certains quartiers populaires, consécutifs à l’accident de Villeneuve-la-Garenne."

S'ils en appellent au gouvernement, c'est aussi parce que les édiles surlignent un décalage entre les messages de soutien aux maires relayés par Emmanuel Macron et la réalité des faits. "Dans nos institutions républicaines, le maire occupe une place singulière, leur avait confié le chef de l'Etat le 17 juin. (…) Vous incarnez ce lieu qui unit, par-delà les différences politiques, le local au national, la commune à la Nation." Or aujourd'hui, "la réalité vient percuter de plein fouet ces paroles pleines de bon sens", regrettent les élus.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions