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Lyon: un important réseau de marchands de sommeil comparaît pour avoir loué 113 logements indignes

Le dossier a évalué à 193 le nombre de victimes, qui ont payé de 550 à 630 euros les logements. Dix jours d'audience sont programmés au tribunal correctionnel de Lyon.

Ils louaient 113 logements indignes, de 7 à 15 m2 : 14 personnes comparaissent depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon, soupçonnées d'avoir développé un vaste réseau de locations de logements insalubres entre 2010 et 2016.

Dans cette affaire hors norme de marchands de sommeil où gravitaient quinze sociétés et deux millions d'euros de prêts bancaires, les quatorze prévenus sont poursuivis notamment pour soumission de personnes vulnérables ou dépendantes à des conditions d'hébergement indignes, escroquerie, blanchiment en bande organisée.

Un "chef d'orchestre" accusé d'avoir généré 500.000 euros de bénéfice non déclaré

Interrogé le premier, lundi après-midi, Ouajdi Ben Slama, 37 ans, conteste le rôle de "chef d'orchestre" que lui attribuent les enquêteurs. Suspecté d'un montage complexe de sociétés civiles immobilières et de sociétés, qui a généré 500.000 euros de bénéfice annuel non déclaré, selon l'instruction judiciaire, Ouajdi Ben Slama se voit plutôt en chef d'entreprise, travaillant "18 à 20 heures par jours, sept sur sept".

"J'ai envie que chacun assume ses responsabilités. J'ai été l'homme à abattre dans le dossier. Je n'ai pas pu faire ça tout seul", a déclaré l'homme d'une voix grave et nette, dont quatre frères et soeurs comparaissent à ses côtés. "J'ai reconnu pas mal d'infractions, je ne sais pas par quoi commencer", a-t-il ajouté, face aux nombreuses interrogations de la présidente du tribunal Brigitte Vernay.

Une centaine de logements indignes loués

L'homme d'origine tunisienne, naturalisé français, a commencé par ouvrir de nombreux salons de coiffure à bas prix, dans les quartiers populaires de la périphérie de Lyon. Les établissements, aux employés non déclarés, ont généré des gains réinvestis dans l'immobilier. Douze biens immobiliers, cinq locaux commerciaux et cinq villas ont été acquis en moins de six ans, selon l'exposé de Mme Vernay.

Dans ces lots, plus d'une centaine de logements considérés comme indignes ont été loués auprès d'une population vulnérable, le plus souvent en situation irrégulière. Le dossier a évalué à 193 le nombre de victimes, qui ont payé de 550 à 630 euros les logements. La métropole de Lyon et les communes de Saint-Fons et Vénissieux se sont constituées parties civiles. Dix jours d'audience sont programmés.

L.C avec AFP