BFM Lyon

Lyon: un an de prison ferme pour des tags menaçant un maire de décapitation

tribunal

tribunal - DAMIEN MEYER

Les tags inscrits sur les murs d'une école lyonnaises menaçait un maire et les enseignants de décapitation.

Deux jeunes majeurs ont été condamnés lundi à Lyon à deux ans de prison dont un avec sursis probatoire pour avoir inscrit le 24 octobre sur les murs d'une école lyonnaise des tags menaçant un maire et les enseignants de décapitation. Le tribunal correctionnel de Lyon, qui jugeait les deux hommes âgés de 18 et 19 ans en comparution immédiate, a prononcé un mandat de dépôt à l'audience.

Dans cette affaire, un mineur de 16 ans avait été mis en examen samedi par le juge des enfants et placé sous mandat de dépôt.

Ces inscriptions menaçantes, découvertes sur la façade du groupe scolaire Philibert Delorme, étaient dirigées contre le maire de l'arrondissement mais aussi contre les enseignants et les élèves, notamment en ces termes: "le maire du 8ème, on va te décapiter enfant de satan"; "on va décapiter les profs et les élèves".

"On a fait une grosse bêtise"

Poursuivis notamment pour "apologie d'un acte de terrorisme" et "menace de commettre un crime envers une personne dépositaire de l'autorité publique", ils encouraient 5 ans d'emprisonnement.

"On a fait une grosse bêtise, c'est le jour où j'ai été interpellé que j'ai commencé à comprendre la gravité et le lien avec la décapitation de Samuel Paty", a déclaré à la barre l'un d'eux, assurant ne pas être au courant de l'attentat du 16 octobre contre le professeur de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) au moment des faits.

Les deux jeunes hommes, qui ont nié toute "intention" de faire l'apologie du terrorisme, ont dit avoir agi sous la contrainte d'"une personne sans scrupules" afin d'apurer leurs dettes envers celle-ci, l'un en raison de la perte de stupéfiants et l'autre après la dégradation d'un vêtement de luxe. Les débats ont été brièvement interrompus après un incident. La mère d'un prévenu a été surprise en train de filmer l'audience avec son smartphone.

"La violence des mots"

La procureure avait requis une peine de deux ans de prison dont cinq mois de sursis probatoire comportant notamment l'obligation de participer à un stage de citoyenneté.

"Il est faux de dire que les mots ne sont rien et tous les deux ne pouvaient ignorer la violence des mots qu'ils colportaient", a fustigé la magistrate.

Pour l'un des avocats de la défense, Me Tammouz Al Douri, ces tags sont la "reprise d'un buzz" lié aux menaces de décapitation à l'encontre du maire de Bron, ville voisine de Lyon, et ne relèvent "d'aucune apologie". Son client a tenu, dans un communiqué diffusé par Me Al Douri, à exprimer ses "profondes et sincères excuses". Soulignant la "portée politique immense" de leur acte même s'ils n'en avaient "pas conscience", Me Edouard Raffin, l'avocat du maire du 8e arrondissement, qui s'est constitué partie civile, avait réclamé un euro symbolique de dommages et intérêts.

CB avec AFP