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Lyon: neuf mois après sa création, la Cité de la Gastronomie ferme déjà ses portes

Ouverte en octobre dernier, la Cité de la Gastronomie, installée dans Grand Hôtel-Dieu, ferme définitivement ses portes, a annoncé la direction lundi.

Neuf mois seulement après son ouverture, la Cité Internationale de la Gastronomie de Lyon tire défintivement le rideau. Inauguré en octobre dernier, cet espace consacré à l'art culinaire et au bien-manger a été victime de la crise du coronavirus, explique la direction dans un communiqué.

300.000 visiteurs par an espérés

"La Cité Internationale de la Gastronomie de Lyon, comme de trop nombreux autres acteurs culturels en France et en Europe, a subi les lourds impacts engendrés par la crise sanitaire du coronavirus que le Pays traverse depuis mars 2020", explique la société espagnole chargée de l'exploitation du lieu, Magmaculture.

"Devant ces difficultés, face à l’incertitude de l’évolution économique et touristique, et malgré tous nos efforts pour la sauvegarder, nous avons pris la décision de ne pas rouvrir la Cité et d’arrêter définitivement son exploitation", poursuit le communiqué.

Portée par la ville et la métropole, avec 2 millions d'euros chacune, et par le mécénat à hauteur de 10,5 millions, la Cité de la gastronomie adossée aux nouvelles Halles de Lyon espérait recevoir 300.000 visiteurs par an. La Cité était bâtie autour d'un parcours permanent, ouvert au connaisseur comme au profane, et d'expositions temporaires. Mais le lieu, ouvert dans l'écrin du Grand Hôtel-Dieu, en plein cœur de la ville de Lyon, avait rapidement déçu.

Trop cher

Le centre avait ainsi créé la colère de l'association des Toques Blanches qui dénonçait une mise à l'écart des représentants des métiers de bouche et de la gastronomie locale. De nombreux visiteurs critiquaient également le prix d'entrée de la cité: 12 euros pour la visite, et le double pour participer aux dégustations proposées par les chefs.

Des reproches étaient également faits sur le manque de contenu de l'exposition, qui présentait différentes façons de concevoir la gastronomie dans le monde ainsi qu'une plongée à la table des grands chefs emblématiques de Lyon et des expositions d'objets rares, comme le légendaire piano d'une tonne, de feu Paul Bocuse.

"Nous sommes persuadés qu'un bel avenir se dessinera pour les espaces que nous quittons et que de nouvelles belles intentions se profileront pour faire de cette Cité un lieu incontournable du patrimoine gastronomique à Lyon, en France et à travers le monde", espère maglré tout l'exploitant.

Par Éline Dany avec Benjamin Rieth