BFM Lyon

Conseil des imams: le recteur de la mosquée de Lyon "très dubitatif"

Kamel Kabtane

Kamel Kabtane - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Kamel Kabtane a déclaré que le Conseil des mosquées du Rhône n’acceptera "aucune évolution qui se fera sans la transparence nécessaire et sans le soutien de toutes les mosquées".

Le recteur de la grande mosquée de Lyon condamne le projet de Conseil national des imams (CNI) voulu par l’Elysée et soutenu par les dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Dans un communiqué daté de jeudi et rédigé en tant que président du Conseil des mosquées du Rhône (CMR), Kamel Kabtane se dit "très dubitatif" face à "une décision très importante prise dans la précipitation".

Selon lui, les propositions du CFCM "ne feront que renforcer le désintérêt que les musulmans de France cultivent depuis 2003 à l’égard d’une structure imposée par le haut et qui ne dispose d’aucune légitimité ni d’aucun mandat de la base". Voulu par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était Ministre de l'Intérieur, le CFCM réunit actuellement neuf fédérations de mosquées et constitue le principal interlocuteur de l'Etat sur l'islam.

Le texte rédigé par Kamel Kabtane précise que "le CMR n’acceptera aucune évolution qui se fera sans la transparence nécessaire et sans le soutien de toutes les mosquées". Bon nombre de mosquées en France, y compris celles réunies au sein du CMR, sont des associations indépendantes qui pour la plupart n’adhèrent ni au CFCM ni aux fédérations qui le composent.

Ces critiques rejoignent celles du grand imam de Bordeaux Tareq Oubrou qui, il y a une semaine, avait dénoncé "des artifices", et l’absence de consultation des imams de la part du CFCM.

"Une procédure d'agrément des imams"

Le CNI doit mettre en place "une procédure d'agrément des imams au niveau national, en fonction de leurs connaissances religieuses, compétences pédagogiques et leurs qualités humaines", avait indiqué au moment de l’annonce de sa création Mohammed Moussaoui, le président du CFCM.

La création d'une telle instance, maintes fois évoquée mais jamais concrétisée ces dernières décennies, avait été formellement demandée par Emmanuel Macron lors de son discours aux Mureaux (Yvelines) présentant sa stratégie de lutte contre les "séparatismes" début octobre.

Juliette Mitoyen avec AFP Journaliste BFM Régions