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Auvergne-Rhône-Alpes: une étude salue la gestion financière de la région

L'Association des contribuables actifs lyonnais fait état d'une amélioration de la tenue des comptes publics sur le plan des dépenses et de l'investissement. L'opposition conteste cet état des lieux.

Laurent Wauquiez en a fait un argument de campagne. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, candidat à un deuxième mandat et grand favori des sondages, clame sa bonne gestion budgétaire. Qu'en disent les chiffres?

La Canol, l'association des Contribuables actifs lyonnais, a épluché les comptes de l'exécutif régional. "Financièrement parlant, c'est beaucoup mieux que le mandat précédent, résume Michel Vergnaud, vice-président de l'association, au micro de BFM Lyon"

"Dans le mandat précédent, les dépenses de fonctionnement augmentaient systématiquement chaque année et on investissait de moins en moins. Ce mandat-ci, c'est tout le contraire. On dépense moins et on investit plus", complète-t-il.

L'IFRAP, la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, tire un constat similaire.

Dans le détail, la région Auvergne-Rhône-Alpes a réduit ses dépenses de fonctionnement de 300 millions d'euros par an, soit une baisse de 13,9% sur le mandat, selon la Canol.

Les investissements multipliés par plus de deux

Malgré une chute des recettes fiscales, de l'ordre de 9,3%, les investissements, ont bondi de 54%. Ils sont à présent chiffrés à 797 millions d'euros, contre 583 millions d'euros en 2015. La Canol pointe néanmoins un "manque de transparence" problématique pour jauger l'efficacité de ces investissements.

S'agissant des subventions, "en 2019, près de 1,6 milliard de subventions" ont été fléchés vers "22.000 dossiers", relève l'association.

"Tout n'est pas 100% magnifique", note cependant Michel Vergnaud. Si l'association juge la fusion "plutôt bien maîtrisée avec l'Auvergne", celle-ci "nécessite encore de prouver son intérêt".

"Des économies dans la poche des pauvres"

Du côté de l'opposition, on s'étrangle lorsque Laurent Wauquiez se présente en bon gestionnaire. Invitée sur le plateau de BFM Lyon le 15 avril, Najat Vallaud-Belkacem, tête de liste socialiste en Auvergne-Rhône-Alpes, considère que le président sortant "a fait des économies à la région dans la poche des pauvres, en mettant fin à des tarifications sociales, en se désengageant de la formation professionnelle, en se désengageant du logement social, de la politique de la ville".

La réduction des dépenses de la région dans le cadre de la formation professionnelle, désormais prise en charge par Pôle emploi, a permis à la région de dégagers 150 millions d'euros d'économies par an. Une coupe budgétaire que Najat Vallaud-Belkacem n'est pas seule à pointer du doigt.

Fabienne Grébert, candidate EELV aux élections régionales, et Grégoire Verrière, sa tête de liste dans le Puy-de-Dôme, le regrettent. "C'est un vrai souci", a déploré la première sur BFM Lyon. Et l'actuelle conseillère régionale d'également fustiger une "division par deux" des budgets de fonctionnement de la santé.

Le Parquet national financier saisi

"Les recettes ont augmenté de 123 millions, a-t-elle ajouté. Il n'en investira que 48 en plus. Où passe cet argent? Ce n'est pas normal. On a eu beaucoup plus de recettes depuis 2015. Aujourd'hui, Laurent Wauquiez ne s'est pas attaqué à des questions de services. Il s'est attaqué aux missions régaliennes de la région."

Par ailleurs, la gestion financière de Laurent Wauquiez est actuellement analysée par le Parquet national financier (PNF). Ce dernier a été saisi par l'opposition, après les révélations de Mediapart au mois de mars. Le média en ligne, qui s'est intéressé au fléchage des subventions de la région vers les communes, constate qu'elles sont trois fois plus importantes pour celles administrées par des maires de droite. Les écologistes ont également fait parvenir au PNF une liste d'"illégalités" et d'"irrégularités", ciblant notamment les budgets 2016 et 2017, retoqués par le tribunal administratif.

Laurent Wauquiez nie en bloc et a annoncé son souhait de porter plainte pour diffamation. Et l'élu de saisir à son tour le PNF pour épingler la gestion de son prédécesseur socialiste.

Mélanie Ferreira avec Florian Bouhot