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Virus Ebola: le Japon prêt à fournir une alternative au sérum ZMapp

Des médecins membres de Médecins Sans Frontières, le 21 août 2014 à Monrovia, au Liberia.

Des médecins membres de Médecins Sans Frontières, le 21 août 2014 à Monrovia, au Liberia. - Zoom Dosso - AFP

Les faibles quantités de sérum expérimental Zmapp seraient épuisées. Le Japon s'est dit prêt lundi à fournir un traitement expérimental pour lutter contre la fièvre hémorragique Ebola.

Quelle est l'efficacité du traitement expérimental Zmapp? Alors qu'il "montrait des signes de progrès", un médecin libérien souffrant de la maladie d'Ebola est décédé dans la nuit de dimanche à lundi, après avoir pourtant suivi un traitement avec le sérum expérimental américain. 

"Il montrait des signes de progrès mais il a finalement rendu l'âme", a regretté le ministre libérien de l'Information, Lewis Brown. Deux autres praticiens "sont toujours sous traitement" avec le sérum ZMapp, "et il y a des signes d'espoir", a t-il poursuivi. 

Le sérum expérimental a permis de soigner deux Américains, le Dr. Kent Brantly et la missionnaire Nancy Writebol, déclarés guéris de la maladie d'Ebola il y a quelques jours. Le ZMapp avait également été administré à un prêtre espagnol, décédé le 12 août dernier. 

Le sérum américain ZMapp épuisé 

Trois praticiens, dont le médecin décédé dans la nuit, ont été traités avec le sérum expérimental américain au Liberia. Les Etats-Unis ont autorisé la livraison du sérum dans le pays le 13 août, afin de soigner ces trois patients souffrant de fièvre hémorragique liée au virus. 

Selon le laboratoire produisant le ZMapp, les très faibles quantités disponibles du sérum, qui n'avait jamais été testé auparavant sur des humains, sont désormais épuisées. 

Le Japon prêt à fournir un traitement expérimental

Le Japon a proposé lundi de fournir un traitement expérimental mis au point par une entreprise nipponne, afin de lutter contre le virus Ebola. "Si l'Organisation mondiale de la santé en fait la demande", il pourrait désormais être utilisé pour tenter de traiter la fièvre hémorragique liée au virus. 

Le médicament japonais est appelé favipiravir (ou "T-705"). Il est commercialisé sous le nom Avigan par Toyama Chemical, filiale du spécialiste des techniques de l'image FujiFilm Holdings. Par rapport au ZMapp, il présente l'avantage d'avoir été homologué en mars au Japon en tant qu'antiviral contre la grippe et est actuellement en phase de tests cliniques aux Etats-Unis. Son administration sous forme de comprimés peut également faciliter le traitement dans des zones aux infrastructures médicales limitées.

Contacté, le groupe japonais, connu pour ses appareils photo mais qui a aussi une activité importante dans le domaine médical (radiographie et endoscopie notamment), a indiqué avoir reçu des demandes de l'étranger, sans préciser combien ni de quels pays. "Nous avons des réserves suffisantes pour plus de 20.000 personnes", a ajouté un porte-parole. Le groupe pourrait en préparer davantage par la suite.

Le 12 août, face à l'ampleur de l'épidémie, un comité d'experts réuni par l'OMS a donné son feu vert à l'emploi de médicaments à l'efficacité et aux effets secondaires encore non mesurés "comme traitement potentiel ou à titre préventif" contre la maladie d'Ebola. L'épidémie de fièvre hémorragique, la plus importante depuis la découverte du virus Ebola en 1976, a tué au moins 1.427 personnes en Afrique de l'Ouest, dont 624 au Liberia. 

V.P. et V.R. avec AFP